Publié le 5 janvier 2026 22:53:00. L’arrestation spectaculaire du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines a déclenché une crise diplomatique à l’ONU, révélant des fissures profondes dans le respect du droit international et de la souveraineté des États.
- L’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, accusés de trafic de drogue et de narcoterrorisme, a provoqué une vague de condamnations, notamment de la part de la Russie et de la Chine.
- Les États-Unis justifient l’opération en dénonçant la présence de groupes criminels et d’acteurs étatiques hostiles sur le territoire vénézuélien.
- L’affaire soulève des inquiétudes quant à l’avenir du système multilatéral et au principe d’inviolabilité des frontières nationales.
L’ambiance était tendue et sobre au siège de l’ONU à New York, alors que le Conseil de sécurité se réunissait en urgence. La plupart des diplomates, silencieux, ont évité les journalistes. Seul l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a fait une brève déclaration :
« C’est bon de voir justice. »
Mike Waltz, ambassadeur américain auprès de l’ONU
Au même moment, Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores comparaissaient devant un tribunal de Manhattan, accusés de trafic de drogue et de narcoterrorisme. Ils ont plaidé non coupables, marquant le début d’une procédure judiciaire qui s’annonce longue et complexe. L’arrestation, menée par des forces spéciales américaines, a captivé l’attention du monde entier.
La capture de Maduro n’a pas suscité l’enthousiasme général au sein du Conseil de sécurité. La préoccupation majeure porte sur le précédent dangereux que pourrait créer cette intervention unilatérale. La Charte des Nations Unies garantit l’inviolabilité des frontières nationales, mais plusieurs observateurs estiment que les grandes puissances sont de plus en plus tentées de contourner le droit international pour servir leurs propres intérêts stratégiques et économiques.
L’ambassadrice de Colombie, Leonor Zalabata Torres, dont le pays pourrait, selon le président américain, être la prochaine cible, a dénoncé avec vigueur les actions américaines :
« Les actions américaines représentent des violations claires de la souveraineté, de l’indépendance politique et de l’intégrité territoriale du Venezuela. Rien ne justifie, quelles que soient les circonstances, le recours unilatéral à la force pour commettre un acte d’agression. »
Leonor Zalabata Torres, ambassadrice de Colombie
Elle a insisté sur le droit souverain des États à contrôler leur territoire, y compris leurs ressources naturelles.
La Russie et la Chine, alliés clés du Venezuela, ont rejoint la condamnation. L’ambassadeur russe, Vasily Nebenzia, a qualifié l’opération américaine de “signe avant-coureur d’un retour à l’ère de l’anarchie et de la domination américaine par la force”, évoquant le chaos qui affecte de nombreuses régions du monde. L’ambassadeur chinois, Sun Lei, a dénoncé des “actes unilatéraux, illégaux et d’intimidation” :
« La Chine est profondément choquée et condamne fermement les actes unilatéraux, illégaux et d’intimidation des États-Unis. »
Sun Lei, ambassadeur chinois
La réponse américaine, lorsqu’elle est venue, a été sans concession. L’ambassadeur Mike Waltz a présenté Nicolás Maduro comme un “narcoterroriste” devant la justice et a affirmé que les États-Unis ne permettraient pas à l’hémisphère occidental d’être utilisé comme base d’opérations par leurs adversaires :
« Vous ne pouvez pas faire du Venezuela une plaque tournante opérationnelle pour l’Iran, pour le Hezbollah, pour les gangs, pour les agents des renseignements cubains et d’autres acteurs malveillants qui contrôlent ce pays. »
Mike Waltz, ambassadeur américain auprès de l’ONU
Il a également souligné la nécessité de contrôler les vastes réserves énergétiques du Venezuela, actuellement entre les mains de “dirigeants illégitimes”.
Aucune mention de la Charte des Nations Unies ou des principes qui la sous-tendent n’a été faite par la délégation américaine. Les préoccupations européennes, quant à elles, se sont concentrées sur les menaces persistantes contre le Groenland. L’ambassadrice danoise, Christina Markus Lassen, a rappelé le principe fondamental du droit international interdisant aux États de recourir à la force contre l’intégrité territoriale et l’indépendance politique d’un autre État. Cependant, un diplomate européen a confié, avec pessimisme : “L’ambiance est froidement sobre – le droit international a été jeté aux oubliettes”.



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