Publié le 29 septembre 2023 15h08. Les législateurs vietnamiens examinent actuellement plusieurs projets de loi visant à moderniser le système éducatif, notamment en améliorant l’orientation professionnelle des étudiants et en clarifiant le rôle des universités dans la formation technique.
- Des inquiétudes ont été soulevées quant à l’efficacité actuelle de l’orientation scolaire et professionnelle, en particulier pour les élèves issus de milieux défavorisés.
- Les parlementaires débattent de la nécessité de mieux définir les responsabilités des établissements d’orientation et de renforcer l’utilisation des technologies numériques dans ce domaine.
- La question de l’autorisation pour les universités de proposer des formations professionnelles de niveau inférieur fait également l’objet de discussions.
Lors d’une réunion le 29 septembre, les membres de l’Assemblée nationale ont examiné des projets de loi concernant la révision et la consolidation de dispositions existantes en matière d’éducation, ainsi que des lois spécifiques sur l’enseignement supérieur, l’enseignement professionnel et la prévention de la toxicomanie.
La représentante Dang Thi My Huong, de la province de Khanh Hoa, a exprimé son inquiétude concernant les lacunes de l’orientation scolaire et professionnelle. Elle a souligné que, ces dernières années, les résultats de l’orientation des élèves n’étaient pas à la hauteur des attentes. Elle a constaté un manque de clarté et de limites dans le système actuel.
Selon la délégation de Khanh Hoa, le taux d’admission dans les filières professionnelles reste faible par rapport aux objectifs fixés. Les activités d’orientation sont souvent superficielles, et de nombreuses écoles ne proposent que quelques séances d’information sur les métiers. Un manque d’informations complètes et précises sur les études et les perspectives de carrière est également pointé du doigt, ainsi qu’un manque de coordination entre les différents niveaux d’enseignement.
La délégation a également souligné l’absence d’un système d’évaluation et de conseil en carrière adapté aux besoins des étudiants d’aujourd’hui, ainsi que le manque de liens durables entre les établissements d’enseignement et le marché du travail. Cela conduit à une difficulté pour les étudiants à faire des choix éclairés concernant leur avenir professionnel.
La représentante Huong a également noté que la société vietnamienne accorde encore une importance excessive aux diplômes universitaires, ce qui conduit les parents et les élèves à négliger la valeur de l’éducation professionnelle. De plus, le manque de politiques de soutien spécifiques, telles que des bourses ou des incitations à l’emploi, décourage les étudiants de s’orienter vers les filières professionnelles.
Pour améliorer la qualité et l’efficacité de l’orientation scolaire, la représentante Huong a proposé d’approfondir l’étude et la consolidation des réglementations contenues dans les projets de loi. Elle a notamment insisté sur la nécessité de clarifier les dispositions relatives à la mise en œuvre de l’orientation professionnelle dès l’école maternelle et l’école primaire.
Elle a également suggéré d’examiner les responsabilités des établissements d’orientation indépendants et des centres de conseil en carrière, afin de garantir que les étudiants et leurs parents reçoivent des informations et des conseils pertinents pour faire des choix éclairés.
Le député Nguyen The Hung, de la province de Hung Yen, a soulevé une question connexe concernant la loi sur l’enseignement professionnel (en révision). Il a suggéré de distinguer clairement les lycées technologiques des lycées professionnels. Selon lui, les lycées technologiques pourraient être considérés comme des établissements d’enseignement professionnel de haute qualité, proposant des programmes axés sur l’ingénierie et les technologies.
En ce qui concerne les établissements de formation professionnelle, la délégation a estimé que les universités ne devraient pas être autorisées à proposer des formations dans d’autres domaines que les arts et le sport au niveau universitaire. Elle craint qu’une concurrence entre les universités et les centres de formation professionnelle ne crée des conflits.
Le ministre de l’Éducation et de la Formation, Nguyen Kim Son, a précisé que les projets de loi définissent uniquement les compétences de l’Assemblée nationale, et non les détails des pouvoirs du gouvernement. Cependant, il a indiqué que l’agence chargée de la préparation des textes envisagera d’ajouter certains principes à des contenus importants, qui serviront de base à l’élaboration des décrets d’application et autres réglementations. Il a également annoncé la préparation d’un décret distinct pour définir l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur.
Concernant les préoccupations soulevées quant à l’autorisation pour les universités de proposer des formations à d’autres niveaux, y compris l’enseignement professionnel, le ministre Nguyen Kim Son a déclaré que le comité de projet avait examiné attentivement cette question. Il a rappelé que de nombreuses universités proposent déjà des formations à différents niveaux, et que ce modèle est largement utilisé à l’étranger.
Toutefois, le ministre a souligné que si cette expansion était menée à grande échelle, elle pourrait perturber le système éducatif professionnel. Il a donc indiqué que la politique serait de permettre à seulement quelques établissements, capables d’exploiter efficacement les atouts de l’université dans des domaines tels que la technologie et l’ingénierie, de proposer de telles formations. Il a également insisté sur la nécessité de mettre en place des réglementations strictes pour assurer l’équilibre et le développement harmonieux de l’ensemble du système.
Enfin, la délégation a plaidé pour une attention particulière à l’orientation professionnelle des étudiants talentueux, des étudiants issus de minorités ethniques et des étudiants défavorisés. Elle a également suggéré d’envisager l’intégration de technologies numériques dans l’orientation scolaire et de prévoir un financement spécifique pour la transformation numérique, notamment pour l’investissement dans les infrastructures et la formation des enseignants, ainsi que pour la création de portails de conseil en carrière.
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