D’ici 2030, jusqu’à 70 % des compétences requises pour un poste auront changé sous l’effet de l’intelligence artificielle, selon les estimations de LinkedIn relayées par Aneesh Raman. Le nouveau directeur des opportunités économiques chez Microsoft analyse cette transformation profonde dans un entretien accordé à L’Express.
L’intelligence artificielle bouscule l’ensemble du marché du travail, sans épargner aucun secteur. Selon Aneesh Raman, nouveau Chief Economic Opportunity Officer chez Microsoft, les mutations en cours touchent aussi bien la gestion d’entreprise que les sciences sociales, les jeunes diplômés et les métiers manuels. Aucun domaine n’est à l’abri de cette révolution technologique, qui impose d’apprendre à surmonter la peur pour mieux anticiper et s’adapter.
Un milliard de membres et deux cents pays sous observation
Avec un milliard de membres répartis dans plus de 200 pays et territoires, ainsi que des dizaines de millions d’entreprises et d’écoles, LinkedIn constitue un observatoire privilégié des transformations professionnelles. Cette position unique permet de discerner les signaux faibles au milieu du bruit médiatique ambiant.
Qu’il s’agisse des compétences émergentes, des salariés en reconversion ou des entreprises en phase de restructuration, d’après les observations rapportées par L’Express, les données livrent une cartographie précise de ces bouleversements.
Un guide pratique publié aux éditions Alisio
Ces analyses font l’objet d’un ouvrage codirigé par Ryan Roslansky, qui a récemment quitté la tête de LinkedIn, et Aneesh Raman, qui occupait déjà cette fonction au sein de la plateforme avant de rejoindre Microsoft.
Leur guide, intitulé Open to Work: The first guide to mastering artificial intelligence
et publié le 8 octobre par les éditions Alisio, décrypte la révolution en cours et l’évolution des exigences professionnelles.
La métamorphose des profils et des diplômes
L’anticipation reste le maître mot pour faire face à ces bouleversements structurels. D’après les estimations de LinkedIn citées dans l’entretien, jusqu’à 70 % des compétences nécessaires pour exercer un métier auront évolué d’ici la fin de la décennie.
Cette métamorphose englobe de multiples aspects de la vie professionnelle, allant du management et de la valeur des diplômes jusqu’à la revalorisation des sciences humaines et l’intitulé même des postes.