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Le BIPM étudie la suppression de la seconde intercalaire près de Paris

Réunis près de Paris, les délégués du Bureau international des poids et mesures étudient du 12 au 15 octobre 2026 la suppression de la seconde intercalaire.

Le BIPM étudie la suppression de la seconde intercalaire près de Paris

Réunis près de Paris, les délégués du Bureau international des poids et mesures étudient du 12 au 15 octobre 2026 la suppression de la seconde intercalaire.

L’horloge officielle de la planète s’apprête à tourner une page historique. Prévue initialement pour 2035 lors d’un vote de principe en 2022, la transition vers un Temps universel coordonné (UTC) continu pourrait être avancée au 20 mai 2027, selon les discussions en cours à Versailles.

Depuis 1972, vingt-sept secondes de rattrapage ont été insérées discrètement dans nos comptes pour maintenir les horloges atomiques ultra-précises synchronisées avec la rotation terrestre, devenue légèrement irrégulière. La dernière de ces interventions remonte à la fin de l’année 2016. Mais ces micro-ajustements, annoncés avec seulement six mois de préavis, sont devenus un véritable casse-tête pour l’infrastructure numérique mondiale.

Silhouette of a person standing against a large wall clock
Photo : ABC News & Headlines

Les risques informatiques de la seconde négative

Le débat a pris un tour critique en raison d’un phénomène physique inattendu. Alors que la rotation de la Terre avait tendance à ralentir sur le long terme sous l’effet de la Lune, les scientifiques observent une accélération de la vitesse de rotation de notre planète depuis environ 2020. Le jour le plus court de l’ère des horloges atomiques a ainsi été mesuré le 29 juin 2022, lorsque la Terre a achevé sa rotation 1,59 milliseconde plus vite qu’un jour étalon de 86 400 secondes atomiques, d’après les données rapportées par l’université USC Dornsife.

Cette inversion de tendance menace d’imposer, pour la toute première fois dans l’histoire, le retrait d’une seconde. Contrairement aux ajouts passés, une seconde négative obligerait les systèmes informatiques à sauter un battement, passant par exemple de 23h59h58 directement à minuit. Or, la quasi-totalité des logiciels et des serveurs planétaires sont programmés pour s’attendre à des secondes supplémentaires, jamais à des suppressions. Un consortium international spécialisé estime à 30 % la probabilité que les systèmes mondiaux réclament une telle correction d’ici 2035, un saut dans l’inconnu que redoutent les gestionnaires de réseaux.

Nombreux sont les programmes informatiques qui supposent que toutes les secondes intercalaires sont positives.

Why don

Les géants de la technologie subissent déjà les ratés de ces ajustements périodiques. Les insertions passées ont provoqué des pannes ou des perturbations sur des plateformes comme Reddit, LinkedIn, la compagnie aérienne Qantas et le fournisseur de cloud Cloudflare. Pour éviter le chaos, les grandes entreprises recourent à la technique du « smearing », qui consiste à diluer la seconde supplémentaire en minuscules fractions imperceptibles sur de longues périodes, contournant ainsi le saut brutal de l’horloge.

Tolérance d’une heure et report vers les siècles futurs

Pour éliminer définitivement ce risque technologique, la proposition sur la table du BIPM consiste à laisser dériver le Temps universel coordonné (UTC) par rapport à l’échelle astronomique UT1 jusqu’à une limite d’une heure entière. Actuellement maintenu dans un intervalle strict de 0,9 seconde, le décalage autorisé sera considérablement élargi.

Le BIPM étudie la suppression de la seconde intercalaire près de Paris
Photo : KSL News

L’introduction éventuelle d’une « heure intercalaire » est ainsi renvoyée à des siècles, voire des millénaires, dans le futur. Les générations à venir devront alors décider de la marche à suivre, comme le souligne Louise Devoy, conservatrice principale à l’Observatoire royal de Greenwich.

Certains observateurs soulignent toutefois une perte culturelle : la déconnexion progressive de notre chronologie numérique par rapport au mouvement apparent du Soleil et des étoiles.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.