L’or a connu une ascension spectaculaire en 2025, porté par les incertitudes géopolitiques et l’évolution de la politique monétaire américaine. Les investisseurs anticipent désormais plus de deux baisses de taux d’intérêt l’année prochaine, ce qui pourrait propulser le cours du métal précieux jusqu’à 5 000 $ (environ 4 600 €) d’ici 2026.
Le prix de l’or a grimpé de plus de 50 % cette année, surperformant largement les autres actifs majeurs. Depuis le début de l’année, il affiche un gain d’environ 60 %, tandis que le S&P 500, par exemple, n’a progressé que de 17 %, et accuse même une perte de près de 6 % à l’approche de la fin de l’année.
Plusieurs facteurs expliquent cette flambée. Les tensions géopolitiques, notamment les conflits en Ukraine et dans la bande de Gaza, ainsi que les frictions au Moyen-Orient et les nouvelles tensions entre la Chine et le Japon, ont renforcé l’attrait de l’or comme valeur refuge. L’annonce de tarifs douaniers agressifs par l’administration Trump, touchant presque tous les pays, a également contribué à cette fuite vers la sécurité.
Parallèlement, la Réserve fédérale américaine (Fed) a relancé son cycle d’assouplissement monétaire en septembre et octobre, avec deux baisses de taux d’un quart de point. Les marchés anticipent désormais deux autres réductions de taux en 2026, soit un total de 60 points de base. Cette politique monétaire accommodante réduit le coût d’opportunité de détenir de l’or, qui ne rapporte pas d’intérêts.
Les banques centrales jouent également un rôle important. Depuis l’élection de Donald Trump, la Chine est un acheteur régulier d’or, cherchant à réduire sa dépendance au dollar américain et aux bons du Trésor. L’Inde, confrontée à des pressions sur les prix des importations, a également augmenté ses réserves. D’autres banques centrales des marchés émergents, comme celles du Kazakhstan, de Turquie et d’Ouzbékistan, suivent cette tendance.
Le ratio or/argent, qui avait atteint des niveaux records en raison de la forte hausse de l’or, est en train de se normaliser. Après avoir dépassé les niveaux observés pendant la pandémie, il se rapproche désormais de 70, ce qui pourrait signaler un nouveau rallye de l’or dans les premiers mois de 2026.
Cependant, des risques subsistent. Une décision de la Chine de réduire les exonérations fiscales sur certains avoirs en or pourrait freiner la demande locale. De plus, une demande de bijoux plus faible en Inde, qui a chuté de 16 % au troisième trimestre 2025, pourrait peser sur les prix. La consommation mondiale de bijoux a d’ailleurs connu une baisse à deux chiffres de 31 % sur un an.
Malgré ces incertitudes, les analystes restent optimistes. Ils estiment que l’or pourrait atteindre les 5 000 $ (environ 4 600 €) ou même 5 200 $ (environ 4 800 €) avant de ralentir, notamment si la Fed maintient une politique monétaire accommodante et que les tensions géopolitiques persistent. Une accumulation excessive de réserves d’or par les banques centrales pourrait toutefois les inciter à adopter une attitude plus prudente à l’avenir.