Publié le 27 décembre 2025 à 00h14. La Bourse de Milan a connu une année record et vise désormais le seuil des 50 000 points, portée par la performance du secteur bancaire et une conjoncture économique favorable, malgré les incertitudes géopolitiques.
- La Bourse de Milan (Ftse Mib) a surperformé Wall Street, Madrid étant la seule place européenne à faire mieux.
- Le Ftse Mib a enregistré une hausse de plus de 30 % en 2025, avec un rendement total de 37 %.
- Les secteurs de la défense et de la banque ont été les moteurs de cette croissance, mais l’attention se tourne désormais vers l’industrie et le luxe.
La Bourse italienne poursuit sur sa lancée, avec l’ambition de dépasser les records historiques établis au début des années 2000. Après une progression de plus de 90 % sur trois ans, le Ftse Mib s’apprête à clôturer 2025 avec une augmentation de plus de 30 %, surpassant largement les performances des principales places européennes et américaines.
Selon Gabriel Debach, analyste de marché chez eToro, l’objectif des 50 000 points n’est plus une simple hypothèse optimiste, mais une « possibilité statistique concrète ».
« Depuis 2023, l’indice a augmenté à un taux annuel moyen de 23 %, et une croissance d’environ 12 % en 2026 serait suffisante. En d’autres termes, ce serait la moitié de ce qui a été réalisé en moyenne au cours des trois dernières années. »
Gabriel Debach, analyste de marché chez eToro
Il tempère toutefois : « La finance n’est pas une science linéaire et après chaque course, tôt ou tard, nous devons ralentir. »
En effet, le Ftse Mib a non seulement dépassé les performances de Wall Street, avec une progression supérieure à celle du Nasdaq (+21 %) et du S&P 500 (+17 %), mais a également laissé derrière lui les principales bourses européennes. Seule Madrid (+48 %) a fait mieux que Milan (+37 % de rendement total), devançant largement Francfort (+22 %), Londres (+20 %) et Paris (+10 %).
Cette dynamique positive est notamment portée par le secteur bancaire, qui a bénéficié du réarmement européen et d’une prise de risque accrue. Fincantieri (+140 %) et Leonardo (+90 %) ont été les fers de lance de ce mouvement, tandis que la société Mariele (+163 %) a profité de la conjoncture favorable à la défense. Dans le secteur du crédit, les institutions du groupe Unipol (Popolare di Sondrio +102 % et Bper +87 %) ont également affiché des performances remarquables, tout comme Unicredit (+81,5 %) et Intesa Sanpaolo (+52 %). Une surprise notable est venue de Tim (+109 %), dynamisée par l’arrivée de KKR (+58 %) à son capital. Plus d’informations sur Tim.
Cependant, certains secteurs ont connu des difficultés, notamment Stellantis (-25 %) et Ferrari (-22 %). Amplifon (-45 %), en particulier, a souffert d’un marché des appareils auditifs en attente de décollage en Europe.
Pour 2026, les analystes prévoient un rebond des bénéfices des entreprises, tiré par les secteurs de l’industrie et de la consommation, qui ont été pénalisés par les incertitudes de 2025, notamment les droits de douane. Alberto Villa, responsable de la recherche actions chez Intermonte, estime que le marché italien « continue d’offrir des valeurs et des rendements intéressants en termes de dividendes, dans certains cas très attractifs ».
« Si ces prédictions s’avèrent exactes, notre marché ne semblerait pas cher, certainement avec une réduction significative par rapport à d’autres, tant par rapport aux États-Unis que par rapport à des pays plus similaires et plus proches au niveau européen, comme la France et l’Allemagne. »
Alberto Villa, responsable de la recherche actions chez Intermonte
L’évolution de la situation géopolitique, notamment l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, pourrait également influencer les marchés. Si elle a amplifié les tensions entre les États-Unis et l’Union européenne, elle a également ravivé les espoirs de paix entre la Russie et l’Ukraine. Détails sur une possible rencontre Trump-Zelensky.
Par ailleurs, les taux d’intérêt pourraient atteindre un niveau neutre, avec une série de baisses dont les effets se font déjà sentir dans les bilans des banques. C’est pourquoi, selon Alberto Villa, « après la forte surperformance du secteur financier, nous introduisons progressivement des idées d’investissement dans des secteurs qui ont enregistré de faibles résultats économiques et performances boursières, comme l’automobile et l’industrie en général ». Il souligne également une amélioration des perspectives dans le secteur du luxe, après un ralentissement de la demande sur certains marchés.
Enfin, la stabilité du spread entre le BTP et le Bund à dix ans, qui devrait rester en dessous de 70 points, constitue un facteur favorable pour la Bourse de Milan. Cette stabilité est perçue comme le reflet d’une nouvelle structure de protection qui rend la dette italienne plus résistante que par le passé. Analyse de la situation des BTP.
Cependant, Gabriel Debach met en garde contre une trop grande concentration sur le secteur bancaire, qui représente désormais une part disproportionnée de la capitalisation du Ftse Mib. « Si les deux premières institutions italiennes expliquent à elles seules 44 % de la hausse de l’indice, le Ftse Mib en dit de moins en moins sur la santé du système pays et, de plus en plus, celle d’un seul secteur. »
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