Publié le 11 novembre 2025 à 13h46. Les perturbations aériennes se poursuivent et s’intensifient aux États-Unis, malgré la fin imminente de la fermeture partielle du gouvernement, en raison d’un manque de personnel chez les contrôleurs aériens, contraints par des difficultés financières et un stress croissant.
- La Federal Aviation Administration (FAA) a augmenté les restrictions de vol dans 40 des principaux aéroports américains, avec une réduction progressive des vols de 4 % à 10 %.
- Plus de 7 900 vols ont déjà été annulés depuis vendredi et plus de 2 300 autres ont été annulés lundi et mardi.
- Des contrôleurs aériens, impayés depuis plus d’un mois, ont commencé à démissionner ou à chercher un second emploi, exacerbant la crise.
La situation dans les aéroports américains reste tendue alors que la FAA tente de gérer un manque de personnel critique. L’agence a ordonné aux compagnies aériennes de réduire leurs vols dans plusieurs grands aéroports, une mesure qu’elle justifie par la nécessité de garantir la sécurité publique face à l’absentéisme et au stress signalés chez les contrôleurs de la circulation aérienne. Lundi, plus de 2 300 vols ont été annulés, et mardi, plus de 1 100 annulations et 540 retards étaient déjà enregistrés en début de matinée (heure de l’Est), dépassant les exigences initiales de la FAA, selon la société d’analyse aéronautique Cirium.
La FAA a également élargi ses restrictions en interdisant aux avions privés et à de nombreux vols d’affaires d’utiliser une douzaine d’aéroports déjà soumis à des limitations de vols commerciaux. Cette décision vise à alléger la pression sur les contrôleurs aériens et à prioriser les vols commerciaux.
La crise est directement liée à la fermeture partielle du gouvernement américain, qui a débuté il y a plus d’un mois. Les contrôleurs aériens, n’ayant pas reçu leur salaire depuis plus de 30 jours, sont confrontés à des difficultés financières et à un stress accru, certains étant contraints d’accepter un second emploi pour subvenir à leurs besoins.
Les conséquences de ces perturbations sont considérables pour les voyageurs. Todd Walker a ainsi manqué le 80e anniversaire de sa mère en raison de l’annulation de son vol ce week-end.
« Tout cela a de réelles conséquences négatives pour des millions d’Américains, et c’est 100 % inutile et évitable. »
Todd Walker, voyageur affecté
Le Sénat américain a adopté lundi un projet de loi visant à rouvrir le gouvernement, mais celui-ci doit encore être approuvé par la Chambre des représentants. Sean Duffy, le secrétaire aux transports, a indiqué que les réductions de vols persisteront jusqu’à ce que la FAA constate une stabilisation des effectifs dans ses centres de contrôle du trafic aérien. De plus, Mike Taylor, de JD Power, souligne que même après la levée des restrictions, le retour à la normale pourrait être ralenti par le fait que de nombreux avions ne sont pas positionnés correctement.
Certains groupes, comme Patriotic Millionaires, un collectif d’Américains fortunés plaidant pour une fiscalité plus progressive, demandent des mesures plus radicales, allant jusqu’à l’immobilisation complète des jets privés pendant la durée de la fermeture.
« Les gens riches font des virées alors que les Américains moyens n’arrivent pas à temps au chevet de leur grand-mère. »
Erica Payne, fondatrice et présidente de Patriotic Millionaires
La situation est d’autant plus préoccupante que les contrôleurs aériens pourraient ne pas être payés rapidement après la fin de la fermeture. En 2019, après une fermeture de 35 jours, il avait fallu plus de deux mois pour que les arriérés de salaire soient intégralement versés, selon Nick Daniels, président de la National Air Traffic Controllers Association. L’arrêt de travail a également exacerbé le stress et la fatigue des contrôleurs, entraînant une augmentation des départs à la retraite et des démissions.
L’ancien président Donald Trump a appelé lundi les contrôleurs à « se remettre au travail, MAINTENANT !!! » sur les réseaux sociaux, proposant une prime de 10 000 dollars à ceux qui restent en poste et une indemnité de départ pour ceux qui choisissent de démissionner.
Le mauvais temps dans certaines régions du pays, notamment le gel dans plusieurs États, pourrait également entraîner de nouveaux retards et annulations de vols, aggravant encore la situation déjà difficile.