Publié le 28 octobre 2025. Une étude coréenne révèle que l’apnée obstructive du sommeil (AOS) modérée à sévère est associée à une augmentation significative du risque de micro-hémorragies cérébrales, des lésions pouvant préfigurer des troubles neurologiques plus graves comme les accidents vasculaires cérébraux et la démence.
- L’AOS modérée à sévère double le risque de micro-hémorragies cérébrales sur huit ans, par rapport aux personnes ne souffrant pas de ce trouble du sommeil.
- L’étude met en évidence l’importance d’un diagnostic précoce et d’une prise en charge efficace de l’AOS pour préserver la santé du cerveau.
- Les chercheurs ont observé une incidence cumulée de micro-hémorragies cérébrales de 7,25 % chez les patients atteints d’AOS modérée à sévère après huit ans, contre 3,33 % chez ceux qui n’en souffraient pas.
L’apnée obstructive du sommeil, caractérisée par des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil, touche en 2024 environ 83,7 millions d’adultes aux États-Unis. Les femmes sont plus touchées (59 %), mais ces chiffres pourraient être sous-estimés en raison d’un diagnostic souvent tardif ou manqué. Si l’AOS est bien connue pour ses effets néfastes sur le système cardiovasculaire, ses liens avec la santé cérébrale sont moins bien compris.
Les résultats de cette étude de cohorte, menée sur 1 441 adultes coréens, apportent un nouvel éclairage sur cette question. Les participants, suivis entre 2011 et 2022, ont subi des examens du sommeil (polysomnographie nocturne à domicile) et des IRM cérébrales à plusieurs reprises. L’analyse des données a révélé une corrélation positive entre la sévérité de l’AOS et le développement de micro-hémorragies cérébrales, ainsi qu’un risque accru d’accident vasculaire cérébral et de démence.
Les chercheurs suggèrent que l’hypertension artérielle pourrait être un mécanisme clé reliant l’AOS aux lésions cérébrales. Ils expliquent :
« Un mécanisme courant pourrait être l’hypertension, qui est également associée à l’AOS, résultant d’épisodes répétés d’hypoxie pendant le sommeil et de la sensibilisation du corps carotidien associée. L’apnée du sommeil est également associée à des pics de pression artérielle, qui peuvent être particulièrement préjudiciables. Cependant, même avec un ajustement pour l’hypertension dans nos modèles statistiques, le risque accru de CMB associé à un SAOS modéré à sévère est resté. »
A. Siddiquee et al.
L’étude a classé la gravité de l’AOS en fonction de l’indice d’apnée-hypopnée (IAH) : absence d’AOS (0 à 4,9 événements par heure), AOS légère (5,0 à 14,9 événements par heure) et AOS modérée à sévère (15,0 événements par heure ou plus). Les micro-hémorragies cérébrales ont été définies comme de petites zones de lésions visibles sur les IRM.
Les résultats montrent qu’après huit ans de suivi, le risque relatif de développer des micro-hémorragies cérébrales était 2,14 fois plus élevé chez les participants atteints d’AOS modérée à sévère par rapport à ceux qui n’en souffraient pas (intervalle de confiance à 95 % : 1,08-4,23 ; p = 0,02). Cette association est restée significative, quel que soit le statut génétique des participants concernant le gène APOE-ε4, un facteur de risque connu pour la maladie d’Alzheimer.
Ces découvertes soulignent la nécessité d’une meilleure sensibilisation à l’AOS, d’un dépistage plus systématique et d’une prise en charge optimisée, non seulement pour protéger la santé cardiovasculaire, mais aussi pour préserver la santé du cerveau à long terme. Une intervention précoce pourrait contribuer à réduire le risque de complications neurologiques graves.
