Home SantéAPOE ϵ4/ϵ4 prédit un risque plus élevé de maladie d’Alzheimer, mais beaucoup de personnes sans allèle ont une véritable pathologie de la maladie d’Alzheimer, selon une étude | NeurologieLive

APOE ϵ4/ϵ4 prédit un risque plus élevé de maladie d’Alzheimer, mais beaucoup de personnes sans allèle ont une véritable pathologie de la maladie d’Alzheimer, selon une étude | NeurologieLive

by Sophie Martin

Publié le 9 novembre 2025 à 20h07. Une étude présentée lors d’une récente conférence met en lumière la complexité du diagnostic de la maladie d’Alzheimer, soulignant que la présence de l’allèle APOE ε4 n’est pas un indicateur suffisant pour prédire le développement de la maladie.

  • Les individus porteurs de l’allèle APOE ε4/ε4 présentent un risque significativement plus élevé de biomarqueurs indiquant un trouble cognitif léger ou une démence associée à la maladie d’Alzheimer.
  • Cependant, un nombre important de personnes sans cet allèle présentent également des signes de pathologie de la maladie d’Alzheimer, ce qui souligne la nécessité d’une interprétation nuancée des résultats des biomarqueurs.
  • Les conseillers en génétique pourraient jouer un rôle crucial dans l’interprétation de ces résultats complexes, notamment avec l’arrivée de nouveaux traitements.

Des recherches récentes, présentées par Matt Tschirgi, directeur principal des services génomiques chez Quest Diagnostics, lors de la 44e Conférence annuelle de la Société nationale des conseillers en génétique (NSGC) qui s’est tenue à Seattle, Washington, du 6 au 10 novembre 2025, ont examiné les résultats de tests d’allèles APOE sur un large échantillon de patients. L’étude a analysé rétrospectivement les données de 21 267 personnes ayant subi un test bêta-amyloïde, révélant que 27,1 % étaient considérées comme présentant un risque accru, un chiffre conforme aux études antérieures.

L’analyse a révélé une différence notable entre les individus homozygotes pour l’APOE ε3 et ceux homozygotes pour l’APOE ε4, mais cette différence n’était pas statistiquement significative. Sur les 7 313 personnes testées pour le p-tau 181, 49,5 % présentaient des résultats compatibles avec un trouble cognitif léger (TCL) ou une démence liée à la maladie d’Alzheimer. Un nombre significativement plus élevé de participants homozygotes pour l’APOE ε4 présentaient des biomarqueurs indiquant un TCL ou une démence (67,8 %) par rapport à ceux ne possédant pas l’allèle ε4 (40,5 %) (P < .0001).

Concernant le p-tau 217, les résultats de 743 participants ont montré que 56,0 % présentaient des signes de TCL ou de démence. Dans ce cas, aucune différence significative n’a été observée entre les participants homozygotes pour l’APOE ε3 et ceux homozygotes pour l’APOE ε4. Ces résultats soulignent la complexité de l’interprétation des tests génétiques et des biomarqueurs dans le contexte de la maladie d’Alzheimer.

Les chercheurs ont utilisé la digestion par endonucléase de restriction de l’ADN génomique amplifié par PCR pour le génotypage APOE, et les niveaux de biomarqueurs ont été rapportés selon des méthodes établies. L’étude met en évidence le rôle croissant des conseillers en génétique dans l’interprétation des résultats de tests complexes, en particulier avec l’arrivée de nouvelles thérapies et de nouveaux biomarqueurs sanguins. Les discussions actuelles au sein de la communauté des conseillers en génétique, notamment sur les listes de diffusion du NSGC, témoignent de la nécessité de définir des pratiques de test claires et cohérentes.

Bien que le statut de l’allèle APOE reste le facteur de risque génétique connu le plus important pour la maladie d’Alzheimer à apparition tardive, les nouveaux tests de biomarqueurs sanguins ajoutent une couche de complexité aux discussions de conseil concernant la démence et les tests.

Pour en savoir plus sur les liens entre certains médicaments et la mortalité chez les patients atteints de démence en fin de vie.

RÉFÉRENCE
1. Powis Z, Tschirgi M, Liaquat K, Racke M. Une nouvelle ère Tau-tally : le conseil génétique rencontre les tests de biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer. Présenté à : Conférence annuelle du NSGC 2025 ; 6-10 novembre ; Seattle, Washington.
2. Fortea J, Pegueres J, Alcolea D et al. APOE4 Homozygotie Représente une forme génétique distincte de la maladie d’Alzheimer. Nat med. 2024;30(5):1284-1 Doi:10.1038/s41591-024-02931-w
3. Weber DM, Stroh MA, Taylor SW et al. Développement et validation clinique de modèles multibiomarqueurs sanguins pour l’évaluation de la pathologie cérébrale amyloïde. Pratique Neurol Clin. 2025;15(6):e200546. doi:10.1212/CPJ.0000000000200546
4. Jack CR Jr, Andrews JS, Beach TG et coll. Critères révisés pour le diagnostic et la stadification de la maladie d’Alzheimer : groupe de travail de l’Alzheimer’s Association. Démence d’Alzheimer. 2024;20(8):5143-5169. doi:10.1002/alz.13859
5. Weber DM, Stroh MA, Taylor SW et al. Développement et validation clinique de modèles multibiomarqueurs sanguins pour l’évaluation de la pathologie cérébrale amyloïde. Pratique Neurol Clin. 2025;15(6):e200546. doi:10.1212/CPJ.0000000000200546

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