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Apple dépasse les 100 milliards de dollars de revenus de services alors même que les risques juridiques augmentent

by Amélie Bernard

Publié le 28 octobre 2025 08h30. Apple devrait franchir pour la première fois le cap des 100 milliards de dollars (environ 93 milliards d’euros) de revenus annuels générés par ses services, malgré une pression juridique et réglementaire croissante concernant son App Store.

  • Apple devrait dépasser les 100 milliards de dollars de revenus annuels provenant de ses services.
  • Cette division, qui comprend iCloud, Apple Pay et l’assurance AppleCare, représente une source de croissance vitale pour l’entreprise.
  • Apple est confrontée à des défis juridiques et réglementaires concernant son App Store, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni.

L’activité de services d’Apple, supervisée notamment par Eddy Cue, a doublé en cinq ans et devrait générer 108,6 milliards de dollars (environ 101 milliards d’euros) de revenus sur l’année écoulée, soit une augmentation d’environ 13 % par rapport à l’année précédente, selon les estimations consensuelles des analystes de Visible Alpha. Si ces chiffres sont confirmés lors de la publication des résultats du quatrième trimestre, la division de services d’Apple dépassera le chiffre d’affaires annuel de géants tels que Walt Disney, Tesla ou Tencent.

Les services représentent déjà un quart du chiffre d’affaires total d’Apple et pourraient atteindre 50 % de ses bénéfices, selon Samik Chatterjee, analyste chez JPMorgan. Cette performance est due à la fidélisation des consommateurs et à la monétisation accrue des appareils Apple, notamment grâce aux abonnements récurrents pour le stockage iCloud et aux services comme Apple Pay.

Un accord pluriannuel avec Google, qui a fait de ce dernier le moteur de recherche par défaut sur les appareils Apple, a également contribué à cette croissance. Cet accord a été relativement épargné par la décision de justice américaine de septembre dernier dans l’affaire antitrust contre Google, qui interdisait à Google de partager ses revenus publicitaires avec ses partenaires.

Cependant, Apple n’est pas à l’abri des complications juridiques. Le ministère de la Justice américain a engagé une action en justice contre Apple, l’accusant d’utiliser son monopole sur les smartphones pour étouffer la concurrence et limiter le choix des consommateurs, notamment via les règles de l’App Store, mais aussi dans les domaines des montres connectées et des paiements mobiles. L’entreprise doit également faire face à la plainte déposée par Epic Games, qui cherche à ouvrir l’App Store, et a fait appel d’une décision de justice d’avril qui l’obligeait à revoir sa politique.

Récemment, un tribunal britannique a jugé qu’Apple avait abusé de son « pouvoir de marché quasi absolu » dans la distribution d’applications iOS et les paiements intégrés. Cette décision pourrait l’obliger à verser jusqu’à 1,5 milliard de livres sterling (environ 1,75 milliard d’euros) à des millions de consommateurs britanniques. Apple conteste cette décision et envisage de faire appel. De plus, le régulateur britannique de la concurrence a annoncé qu’il placerait la plateforme mobile d’Apple sous surveillance dans le cadre d’un nouveau régime strict pour les marchés numériques, ce qui pourrait l’obliger à autoriser des magasins d’applications alternatifs ou de nouveaux systèmes de paiement sur l’iPhone.

Apple continue d’affirmer que son contrôle strict des logiciels et des services de l’iPhone est essentiel pour la sécurité et la confidentialité de ses clients, ainsi que pour la gestion de l’App Store et la fourniture d’outils numériques aux développeurs. L’entreprise propose des frais réduits de 15 % pour les applications payantes et les achats intégrés pour les petits développeurs et certains abonnements numériques.

Malgré ces défis, les analystes prévoient que les services représenteront une part croissante du chiffre d’affaires global d’Apple dans les années à venir, notamment grâce à l’expansion de son offre média vers les sports en direct, comme en témoigne son récent accord de 700 millions de dollars pour diffuser les courses de Formule 1 aux États-Unis, et à la refonte de son assistant virtuel Siri. Les services pourraient représenter plus de 30 % des revenus d’Apple d’ici la fin de la décennie, avec un chiffre d’affaires potentiel atteignant 175 milliards de dollars (environ 163 milliards d’euros), selon les estimations de Visible Alpha.

En comparaison, l’iPhone représente actuellement environ la moitié des 415 milliards de dollars (environ 387 milliards d’euros) de ventes annuelles totales prévues pour Apple en 2025, avec une croissance des ventes de smartphones estimée à environ 4 %.

Les biens numériques et les abonnements génèrent des marges bénéficiaires élevées, supérieures à celles du matériel haut de gamme d’Apple. Les marges brutes des services devraient atteindre 75 % au cours du dernier exercice financier, selon les données de Visible Alpha, contre 40 % pour l’iPhone. Cela a contribué à améliorer régulièrement la marge brute globale d’Apple, passant de 38 % en 2020 à environ 47 % cette année.

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