Publié le 29 septembre 2023 23:10:00. Après plus de 17 ans de mystère, l’identité d’une femme dont les restes ont été découverts dans un ancien puits de station-service à Saskatoon, en Saskatchewan, a finalement été révélée grâce aux avancées de la généalogie génétique médico-légale. L’enquête a permis de déterminer qu’il s’agissait d’Alice Spence, une femme disparue dans les années 1910.
- Les restes squelettiques d’une femme ont été découverts en 2006 dans un puits d’une ancienne station-service à Sutherland, près de Saskatoon.
- L’identification a été possible grâce à une collaboration entre le service de police de Saskatoon et l’entreprise Othram, spécialisée dans l’analyse ADN et la généalogie génétique.
- Alice Spence, née Alice Burke en 1881, a déménagé à Sutherland en 1913 et a disparu entre 1916 et 1918.
L’affaire, qui a longtemps intrigué les enquêteurs, a connu un dénouement grâce aux progrès de la science forensique. En juin 2006, des ouvriers travaillant sur le site d’une ancienne station-service dans le quartier de Sutherland, à Saskatoon, ont mis au jour des restes humains dans un puits. Le corps de la femme, enveloppé dans une toile de jute et placé dans un baril en bois, avait été dissimulé dans cet endroit qui abritait autrefois l’hôtel Shore, une pension de la ville ferroviaire, démolie en 1927.
L’enquête initiale a permis de déterminer que la victime était une femme adulte décédée au début du XXe siècle. Des vêtements datant des années 1910-1920, notamment une veste ajustée, un chemisier à col montant et une longue jupe, ont été retrouvés avec les restes, ainsi qu’un collier d’or cassé et des vêtements masculins. Les policiers ont émis l’hypothèse que la femme avait été partiellement démembrée avant d’être cachée dans le baril.
Malgré des années d’investigations, l’identité de la victime est restée inconnue. Un profil ADN a été établi, mais aucune correspondance n’a été trouvée dans les bases de données criminelles. Deux reconstructions faciales ont été diffusées, suscitant une trentaine d’appels provenant de toute l’Amérique du Nord et même de France, mais sans résultat. Les appelants espéraient retrouver une mère, une grand-mère ou une tante disparue, mais aucune piste n’a mené à une identification.
En 2023, le service de police de Saskatoon a fait appel à Othram, une entreprise texane spécialisée dans l’analyse ADN de pointe. Les scientifiques d’Othram ont réussi à extraire un extrait d’ADN des restes squelettiques, vieux de plus de cent ans, et à construire un profil ADN complet grâce à la technologie de séquençage du génome de qualité médico-légale. L’équipe de généalogie génétique médico-légale d’Othram a ensuite utilisé ce profil pour remonter la généalogie de la femme et identifier des pistes d’enquête.
Ces nouvelles informations ont permis aux généalogistes médico-légaux du service de police de Toronto de remonter à des parents potentiels de la victime. Des échantillons d’ADN ont été prélevés auprès de ces parents et comparés au profil ADN de la femme non identifiée, confirmant finalement son identité : Alice Spence, née Alice Burke en septembre 1881. Alice avait déménagé à Sutherland en 1913 avec son mari, Charles, et leur fille, Idella. Le dernier recensement mentionnant Alice vivante date de 1916. Un incendie a détruit le domicile familial en 1918, et les informations ultérieures indiquent que Charles vivait avec sa fille et d’autres employés en 1921. Les enquêteurs pensent qu’un acte criminel a entraîné la mort d’Alice entre 1916 et l’incendie.
Grâce à la généalogie génétique, les descendants d’Alice Spence ont été localisés. La plupart d’entre eux ignoraient son existence et les circonstances tragiques de sa disparition. Cette affaire souligne l’importance des preuves médico-légales et le potentiel de la généalogie génétique pour résoudre des énigmes du passé.
Si vous souhaitez soutenir les efforts visant à résoudre d’autres affaires similaires, vous pouvez envisager de contribuer vos données ADN à la base de données DNASOLVE, qui aide les forces de l’ordre à identifier les personnes disparues depuis longtemps.
L’identification d’Alice Spence est le troisième cas en Saskatchewan résolu grâce à la technologie d’Othram. Pour en savoir plus sur d’autres affaires canadiennes où votre soutien peut faire la différence, consultez le site Dnasolves.
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