Istanbul renforce drastiquement ses contrôles sanitaires après une série d’intoxications alimentaires graves, dont des décès, survenus en novembre. Les nouvelles mesures, annoncées par le gouvernorat, visent à garantir la sécurité des consommateurs et à rétablir la confiance dans les établissements de restauration.
Huit nouvelles réglementations ont été adoptées suite à une réunion d’urgence sur la sécurité alimentaire. La mesure la plus marquante impose désormais à tous les restaurants, cafés et autres établissements de restauration d’installer un système de surveillance audio et vidéo continu, avec conservation des enregistrements pendant au moins 30 jours. L’objectif est de faciliter les enquêtes en cas d’incident.
Par ailleurs, une commission de contrôle des aliments sera déployée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dans toute la ville, y compris en dehors des heures d’ouverture habituelles. Tous les exploitants et employés du secteur devront également suivre une formation obligatoire en matière d’hygiène et de sécurité alimentaire.
Les réglementations existantes, concernant notamment la conservation des échantillons de nourriture vendue pendant 72 heures, seront appliquées avec plus de rigueur. Les contrôles seront également intensifiés, tant pour les vendeurs ambulants que pour les commerces établis. Une attention particulière sera portée au respect de la chaîne du froid, essentielle pour prévenir les contaminations bactériennes.
Les entreprises de lutte antiparasitaire seront soumises à une surveillance accrue, et toute infraction pourra entraîner des sanctions administratives ou pénales. La vente de produits périmés ou avariés sera sévèrement punie par des amendes et des signalements au procureur de la République.
Ces mesures font suite à deux incidents particulièrement graves. Le 12 novembre, quatre membres de la famille Böcek, de retour d’Allemagne, sont décédés après avoir été empoisonnés dans un hôtel du quartier de Fatih. L’enquête se concentre sur une possible contamination par des produits chimiques utilisés pour la désinsectisation, qui auraient pu pénétrer dans la salle de bain via le système de ventilation.
Dans un autre cas, une jeune femme de 26 ans a subi de graves brûlures chimiques à l’œsophage, à l’estomac et aux poumons après avoir bu du café turc préparé dans un café de Beyoğlu avec des produits de nettoyage industriels. Elle a dû être hospitalisée en soins intensifs.
« Nous souhaitons renforcer la confiance de la population et réagir plus rapidement et de manière plus transparente aux risques liés à l’alimentation », a déclaré un porte-parole du gouvernorat. Ces nouvelles mesures témoignent de la volonté des autorités d’Istanbul de garantir la sécurité sanitaire de ses habitants et de ses visiteurs.
