Publié le 2025-11-02 07:00:00. Un artbook dévoile les coulisses de création d’Arco, le long-métrage d’animation primé au Festival d’Annecy, offrant un regard intime sur le processus artistique et le travail collectif qui ont donné vie à cet univers futuriste.
- L’artbook retrace la genèse du film, de la pré-production à l’animation, à travers les témoignages du réalisateur Ugo Bienvenu et du journaliste Romain Brethes.
- Le film, qui se déroule en 2932, suit les aventures d’Arco, un jeune garçon arc-en-ciel voyageant dans le temps.
- L’ouvrage souligne l’importance du travail d’équipe et la fabrication 100 % française du film, avec un budget de 9 millions d’euros.
L’univers visuel d’Arco, récompensé par le Cristal du long-métrage au Festival international du film d’animation d’Annecy, prend vie dans un artbook publié aux Éditions Denoël. Intitulé Arco, un film d’Ugo Bienvenu, l’ouvrage, fruit de la collaboration entre le journaliste Romain Brethes et le réalisateur, offre une plongée fascinante dans les entrailles de la création du film.
Ugo Bienvenu a puisé son inspiration dans des œuvres majeures de l’animation. Enfant, il découvre Dragon Ball Z, puis se passionne pour l’univers des Studios Ghibli et les films de Hayao Miyazaki, devenus une référence artistique essentielle. Cette fascination le conduit à l’École Estienne, puis aux Gobelins et aux Arts Décoratifs de Paris, où le dessin s’impose comme le cœur de son expression artistique. Il se lance d’abord dans l’adaptation de bandes dessinées, notamment Île de Sukkwan de David Vann, avant de créer ses propres univers avec Paiement accepté.
Sa rencontre avec Félix de Givry sur le plateau d’Eden de Mia Hansen-Løve marque un tournant. Ils fondent ensemble la société de production Remembers et, en 2020, lancent le projet Arco. L’histoire suit un garçon de dix ans vivant en 2932, dans un futur où les habitations sont suspendues dans les nuages. Rêvant de voyager dans le temps comme ses parents et sa sœur, Arco se lance dans une expédition solitaire qui le propulse en 2075, où il rencontre Iris, qui l’aidera à rentrer chez lui.
L’artbook, divisé en huit chapitres, explore les différentes étapes de la création, de la pré-production à l’animation, en intégrant des propos exclusifs d’Ugo Bienvenu. Il offre un véritable voyage au cœur de l’univers d’Arco, révélant des centaines de dessins et de citations inspirantes.
« Les bons films d’animation doivent s’écrire à l’image, car le texte empêche l’imaginaire de naître. »
Arco, un film d’Ugo Bienvenu – Romain Brethes et Ugo Bienvenu
Au-delà de la vision artistique d’Ugo Bienvenu, l’ouvrage met en lumière l’importance du travail collectif. Le réalisateur insiste sur le rôle essentiel de chaque membre de l’équipe. La participation financière de Natalie Portman et Sophie Mas, co-productrices du film, est également évoquée, ainsi que le choix stratégique des distributeurs.
Le film a été entièrement conçu en France, dans les locaux de Remembers dans le 20e arrondissement de Paris, sans aucune délocalisation. L’équipe s’est rapidement agrandie avec l’arrivée d’Adam Sillard, superviseur de l’équipe des animateurs, et d’Anaëlle Saba, assistante réalisatrice, tous deux jeunes diplômés des Gobelins.
L’artbook révèle la richesse des métiers impliqués dans la fabrication d’un film d’animation : spécialistes des décors, de l’animatique, responsables de la couleur… Chaque contribution est essentielle, et le talent artistique des collaborateurs d’Ugo Bienvenu est mis à l’honneur.
« C’est comme si la trace de chacun d’entre nous était bien visible à l’écran. »
Arco, un film d’Ugo Bienvenu – Adam Sillard et Anaëlle Saba
Arco est un spectacle visuel riche en formes, en couleurs et en mouvements, comme en témoigne l’artbook. Les images reproduites dans l’ouvrage illustrent la transformation d’un simple croquis en une scène animée de plusieurs minutes. L’artbook ouvre une fenêtre sur les coulisses du film, dévoilant la modélisation des émotions des personnages ou la palette de couleurs précise utilisée pour la cape d’Arco.
On y découvre notamment le storyboard, première étape de communication pour présenter le projet. Dessiné au crayon par Ugo Bienvenu, il précède la création des décors, l’ajout de la couleur et la composition de la musique. La bande originale, signée Arnaud Toulon (avec une belle chanson en duo avec Novembre Ultra), évoque les envolées oniriques de Joe Hisaishi, compositeur emblématique des films de Hayao Miyazaki.
« Il suffit d’observer quel soin scrupuleux a été porté aux éléments, qu’ils soient végétaux, minéraux ou aqueux, la façon de rendre la texture de la mousse, la rouille déposée sur des escaliers abandonnés, le souffle du vent qui gonfle la cape d’Arco, pour comprendre que le film a été pensé comme un spectacle polysensoriel. »
Arco, un film d’Ugo Bienvenu – Romain Brethes et Ugo Bienvenu
Un pari réussi, d’autant plus impressionnant compte tenu du budget limité du film : 9 millions d’euros, comparativement aux 250 millions de dollars alloués à un film Pixar ou aux 25 millions de dollars d’un film Ghibli.
L’artbook révèle également le lien personnel qu’entretient Ugo Bienvenu avec son film. Le réalisateur confie qu’il y a une part de lui dans le personnage d’Iris, qui ne quitte jamais son carnet de dessins, et que le robot Mikki n’est pas une première apparition dans son univers créatif. Il espère que les enfants, après avoir vu le film, prolongeront « l’utopie d’Arco », un monde au-dessus des nuages où les humains voyagent pour retrouver la biodiversité perdue à cause des catastrophes climatiques.
L’invitation à laisser libre cours à son imagination est claire. Elle se manifeste dans les multiples techniques utilisées pour créer l’univers d’Arco : gouache, crayons, aquarelle, crayons de papier… Tout est permis, et la passion d’Ugo Bienvenu pour le dessin transparaît dans cet ouvrage. Dans le film, les décors, peints à la gouache, contrastent avec les personnages animés numériquement, poussant la créativité à son apogée.
Destiné aux passionnés souhaitant en savoir plus sur la création de l’univers singulier d’Ugo Bienvenu, ce livre est également une invitation à admirer la beauté des images d’Arco. Un objet de connaissance, mais aussi de collection. Reste à savoir si l’ambition des scénaristes, faire de l’arc-en-ciel un symbole marquant pour les générations futures, sera atteinte…
Arco, un film d’Ugo Bienvenu de Romain Brethes et Ugo Bienvenu, éditions Denoël, 35 euros.
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