Home AffairesArrêt du gouvernement américain – Pourquoi l’Europe devrait-elle s’inquiéter?

Arrêt du gouvernement américain – Pourquoi l’Europe devrait-elle s’inquiéter?

by Amélie Bernard

Publié le 26 septembre 2023. La paralysie politique à Washington, avec la menace d’une fermeture partielle de l’administration américaine, ne se limite pas aux touristes devant les portes closes des parcs nationaux. Les entreprises européennes pourraient également subir des conséquences économiques significatives, à mesure que le blocage se prolonge.

  • Une fermeture prolongée de l’administration américaine pourrait peser sur le PIB de l’Union européenne, avec des estimations allant jusqu’à 16 milliards d’euros en cas de blocage de huit semaines.
  • Les entreprises européennes pourraient être confrontées à des retards dans les importations et les exportations, ainsi qu’à des difficultés pour obtenir les approbations de licences nécessaires.
  • L’incertitude économique aux États-Unis pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt mondiaux et une instabilité financière accrue.

Alors que Washington se débat avec un possible arrêt de l’administration fédérale, l’Europe des affaires observe avec inquiétude. L’impact ne se limite pas à des désagréments pour les touristes européens visitant les États-Unis. La solidité de l’économie américaine est cruciale pour la croissance mondiale, et une paralysie politique pourrait avoir des répercussions importantes sur le Vieux Continent.

La fermeture, même temporaire, de nombreuses administrations fédérales perturbe le fonctionnement de l’économie américaine. La suspension de la délivrance de prêts, de permis et de licences, ainsi que le ralentissement des agences gouvernementales chargées de la surveillance, freinent l’activité économique. Ce problème est d’autant plus préoccupant que l’économie américaine montre déjà des signes de ralentissement, avec une inflation persistante et une incertitude financière croissante.

Les entreprises européennes, déjà fragilisées par les tensions commerciales, recherchent de la stabilité et de la prévisibilité pour planifier leur production et répondre à la demande. Un ralentissement de l’activité économique américaine entraînerait inévitablement une baisse des importations, affectant les entreprises européennes et leur rentabilité. Les ports et les douanes américaines, avec un personnel réduit, pourraient également ralentir le traitement des marchandises, entraînant des retards dans les chaînes d’approvisionnement et des coûts supplémentaires.

Un autre point de préoccupation majeur est le risque de suspension des approbations d’exportation. Les entreprises européennes ont besoin de ces autorisations pour opérer aux États-Unis, et leur absence pourrait les paralyser.

« Les entreprises seront gelées, elles ne pourront rien faire approuver, aucun permis ou licence, ne pourront pas vendre de la dette des entreprises aux États-Unis. Une fermeture du gouvernement envoie à la maison les personnes qui exécutent des réglementations, mais les réglementations elles-mêmes restent – et restent à respecter. »

Avocat spécialisé dans les transactions transatlantiques pour les entreprises multinationales

Les secteurs particulièrement vulnérables incluent ceux qui dépendent fortement de la demande américaine, tels que la construction de machines, la fabrication de composants automobiles et l’industrie chimique. Les investisseurs pourraient réagir à cette incertitude en vendant des actions, entraînant une baisse des cours en bourse.

L’incertitude prolongée pourrait également entraîner une hausse des taux d’intérêt sur les obligations du gouvernement américain, perçues comme plus risquées. Cette augmentation se répercuterait sur les taux d’intérêt mondiaux, affectant les marchés boursiers européens, le coût du financement public et la demande globale. Une hausse des taux pourrait également accroître le risque de défaut de paiement pour les emprunteurs surendettés, menaçant la stabilité financière.

Enfin, une absence d’accord budgétaire à Washington pourrait compromettre le financement de l’aide américaine à certains pays, augmentant les risques d’instabilité géopolitique et freinant l’investissement commercial. Les économistes estiment qu’une fermeture de deux semaines pourrait réduire le PIB de l’UE de 4 milliards d’euros, un chiffre qui pourrait atteindre 16 milliards d’euros en cas de blocage de huit semaines.

L’issue de cette crise dépend désormais des politiciens de Washington. En jeu, il y a bien plus que des chiffres économiques : c’est la réputation des États-Unis en tant que pilier de la stabilité économique mondiale qui est en question.

You may also like

Leave a Comment