Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

Association du barreau coréen, sur les accusations d’insurrection et de distorsion du droit, « L’indépendance judiciaire ne peut être compromise sous aucune justification. »

Publié le 8 décembre 2025. L'Association coréenne des avocats s'est élevée contre un projet de loi visant à créer un tribunal spécial pour juger les affaires liées à des troubles politiques et à une interprétation biaisée de la…

Association du barreau coréen, sur les accusations d’insurrection et de distorsion du droit, « L’indépendance judiciaire ne peut être compromise sous aucune justification. »

Publié le 8 décembre 2025. L’Association coréenne des avocats s’est élevée contre un projet de loi visant à créer un tribunal spécial pour juger les affaires liées à des troubles politiques et à une interprétation biaisée de la loi, craignant une atteinte à l’indépendance de la justice et au principe d’égalité devant la loi.

  • L’Association coréenne des avocats exprime de vives préoccupations quant au respect de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice.
  • Elle met en garde contre un risque de violation du principe d’égalité devant la loi, en ciblant des cas ou des groupes spécifiques.
  • Le Parti démocrate coréen, à l’origine du projet de loi, se dit prêt à le réviser pour minimiser les risques d’inconstitutionnalité.

L’Association coréenne des avocats (KBA), dont le président est Kim Jeong-wook, a publié une déclaration ce jour, exprimant son inquiétude face à l’imminente adoption en plénière d’un projet de loi instaurant un tribunal spécial dédié aux affaires d’émeutes et de distorsion juridique. C’est la première fois que l’organisation prend position contre cette initiative portée par le Parti démocrate coréen.

Selon l’Association, l’indépendance du pouvoir judiciaire est un rempart essentiel pour garantir un procès équitable, à l’abri de toute influence politique. Elle reconnaît le droit du pouvoir législatif de promulguer et de modifier les lois relatives au système judiciaire, mais souligne que cet exercice doit se faire dans le respect de l’indépendance de chaque institution de l’État.

Un risque élevé de violation du principe d’égalité

L’Association des avocats a particulièrement mis en avant le risque de violation du principe d’égalité. Elle a souligné que les lois doivent être des normes universelles, applicables à l’ensemble de la population, et que cibler des cas ou des groupes spécifiques pourrait compromettre ce principe fondamental de l’État de droit.

Elle a ajouté que, désormais que la question a été transférée au pouvoir judiciaire, les décisions devront relever de la seule autorité de ce dernier. L’Association a également exprimé son inquiétude quant à la possibilité que le pouvoir législatif intervienne à nouveau sur la composition du pouvoir judiciaire ou sur l’exercice des fonctions des juges et des procureurs, ce qui pourrait remettre en question les limites constitutionnelles du pouvoir législatif et susciter le scepticisme du public.

L’Association des avocats s’inquiète également de la constitutionnalité même du tribunal spécial et des accusations de distorsion de la loi. Elle rappelle que la Constitution garantit au pouvoir judiciaire le droit de répartir les affaires et de composer les tribunaux. Concernant le délit de distorsion de la loi, elle estime que des normes constitutionnelles strictes, notamment en matière de clarté des éléments constitutifs, doivent être appliquées pour éviter de porter atteinte à l’exercice indépendant des fonctions des juges.

L’Association craint que des contestations constitutionnelles prolongent inutilement les procédures judiciaires en raison de recours ou d’appels constitutionnels.

Une répétition de schémas législatifs redoutée

L’Association des avocats a également exprimé sa crainte de voir se répéter ce type de législation à chaque changement de gouvernement. Elle a averti que de telles répétitions pourraient saper la confiance du public dans le système judiciaire et ébranler les fondements de l’État de droit, qui ne peut s’affirmer que par une application cohérente et impartiale des lois.

L’Association a exhorté l’Assemblée nationale à respecter le principe constitutionnel de séparation des pouvoirs, à reconnaître l’importance de l’indépendance de la justice pour garantir le droit à un procès équitable, et à mener une discussion approfondie sur le projet de loi.

Malgré les critiques persistantes de la communauté juridique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti, concernant le « fort potentiel d’inconstitutionnalité » du projet de loi, le Parti démocrate coréen examine le texte lors d’une réunion des législateurs. Le chef du parti, Chung Cheong-rae, a annoncé ce matin qu’il était prêt à apporter les modifications nécessaires. La veille, la direction du parti avait déclaré qu’elle était favorable à la création d’un tribunal spécialisé, mais qu’elle souhaitait minimiser les risques d’inconstitutionnalité.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.