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Assurer vos enfants contre un futur projet de loi sur l’impôt sur les successions – le Irish Times

Publié le 5 octobre 2025. Face à la perspective d'une succession importante, de plus en plus de familles se demandent si une assurance spécifique peut les protéger de l'impôt sur les successions, une fiscalité souvent perçue comme injuste.…

Assurer vos enfants contre un futur projet de loi sur l’impôt sur les successions – le Irish Times

Publié le 5 octobre 2025. Face à la perspective d’une succession importante, de plus en plus de familles se demandent si une assurance spécifique peut les protéger de l’impôt sur les successions, une fiscalité souvent perçue comme injuste.

  • Une assurance, dite « article 72 », permet de couvrir le coût de l’impôt sur les successions.
  • Cette assurance doit être souscrite par la personne qui laissera la succession, et non par les héritiers.
  • L’âge du souscripteur est un facteur déterminant, avec une limite généralement fixée à 75 ans.

L’impôt sur les successions suscite régulièrement des débats, beaucoup le considérant comme une charge injuste sur les héritages. Pourtant, selon les chiffres du Bureau central des statistiques irlandais, il ne concerne qu’une minorité de la population. Les données de 2020 révèlent que seulement 36 % des ménages ont reçu un héritage ou une donation supérieure à 3 000 €. De plus, la valeur médiane d’un héritage s’élevait à 100 600 €, bien en deçà du seuil d’imposition qui était alors de 335 000 €.

Même pour les 20 % des familles les plus aisées, l’héritage médian atteignait 192 400 €, restant ainsi en dessous du seuil fiscal. Bien que la valeur des biens ait augmenté depuis, l’impôt sur les successions reste plus une crainte qu’une réalité pour la majorité des Irlandais. Les recettes fiscales issues de cet impôt, incluant également les donations de son vivant, se sont élevées à 861,9 millions d’euros l’année dernière, représentant 0,7 % du total des recettes fiscales.

Dans une société préoccupée par les inégalités économiques, cet impôt est l’un des rares mécanismes permettant de taxer la richesse. Cependant, il peut représenter une charge financière importante pour certaines familles, notamment celles dont les membres ne disposent pas de ressources suffisantes pour faire face à l’impôt. C’est dans ce contexte qu’intervient l’assurance dite « article 72 », une solution spécifique pour couvrir le coût de l’impôt sur les successions.

Cette assurance, nommée ainsi en référence à l’article 72 de la loi de consolidation de la taxe sur les acquisitions de capital de 2003, qui régit les successions et les donations, doit être souscrite par la personne qui laissera la succession, et non par les héritiers. Cela peut poser problème pour les personnes disposant d’un patrimoine important mais de liquidités limitées. Il est toutefois possible pour les enfants de participer au paiement des primes, en utilisant par exemple l’exemption annuelle de 3 000 €.

Ce type de police est particulièrement utile lorsque la succession comprend un bien immobilier de valeur et que l’on souhaite éviter sa vente pour régler l’impôt. Comme pour toute assurance, il est essentiel d’évaluer précisément le montant à couvrir. La prime mensuelle dépendra de l’exposition fiscale potentielle, qui doit être estimée en fonction de la valeur de la succession et des seuils d’imposition en vigueur.

La police d’assurance est spécifiquement conçue et approuvée par l’administration fiscale pour couvrir l’impôt sur les successions. Le produit de l’assurance n’est donc pas pris en compte dans le calcul de la valeur de la succession. Si la police couvre intégralement l’impôt, tant mieux. Si l’augmentation de la valeur des actifs dépasse le montant de la couverture, les héritiers devront s’acquitter de l’impôt supplémentaire. Inversement, si la valeur des actifs diminue ou si les seuils d’imposition augmentent, le surplus de la police sera intégré à la succession.

Il est important que les parents ne souscrivent pas des polices individuelles pour chaque héritier, mais qu’ils couvrent l’ensemble de l’impôt sur les successions que leurs enfants – ou d’autres bénéficiaires désignés – pourraient devoir payer. Actuellement, seules trois compagnies d’assurance proposent ce type de produit en Irlande : Zurich Life, Royal London et Irish Life. Zurich Life, Royal London et Irish Life.

L’âge du souscripteur est un critère d’admissibilité essentiel. Les polices « article 72 » doivent être souscrites avant que la personne n’atteigne l’âge de 75 ans, et certaines compagnies d’assurance imposent des limites d’âge encore plus basses. Cela a un impact financier important, car l’espérance de vie s’allonge et le coût des primes peut devenir conséquent. De plus, contrairement à certaines assurances-vie, les primes ne sont pas revalorisées avec l’âge.

Si vos parents ont déjà plus de 75 ans, ils ne pourront plus souscrire une telle assurance. Ils doivent également résider en Irlande. Pour maintenir les primes à un niveau raisonnable, il est important de tenir compte de l’âge et de l’état de santé du souscripteur. Les fumeurs, par exemple, devront s’attendre à des primes plus élevées. Le coût d’une couverture de 100 000 € d’impôt pourrait s’élever à au moins 220 € par mois pour une personne d’environ 60 ans en bonne santé, selon un courtier.

Compte tenu de l’âge avancé de vos parents et du fardeau financier supplémentaire que représente cette assurance, il est fortement conseillé qu’ils sollicitent des conseils juridiques et financiers avant de s’engager. Enfin, il existe une autre police, dite « section 73 », qui peut couvrir les donations de son vivant, mais ce sujet ne sera pas abordé ici.

En conclusion, il est possible de s’assurer contre l’impôt sur les successions, mais c’est aux parents, et non aux enfants, de souscrire cette assurance. S’ils le souhaitent, c’est une décision qui leur appartient.

Veuillez adresser vos questions à Dominic Coyle, Q&A, The Irish Times, 24-28 Tara Street Dublin 2, ou par e-mail à [email protected] en indiquant votre numéro de téléphone. Cette chronique est un service destiné aux lecteurs et ne saurait se substituer à un conseil professionnel.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.