Un attentat au missile contre l’aéroport international King-Khalid de Riyad a fait 12 morts et plus de 300 blessés le 10 octobre 2026. L’attaque, attribuée aux rebelles houthis du Yémen par une coalition militaire, marque l’épisode le plus meurtrier de ce conflit et pousse les États-Unis à envisager une riposte militaire directe.
Bilan humain et attaque au terminal de Riyad
L’attaque a visé directement un complexe abritant les terminaux 3 et 4 des vols intérieurs de l’aéroport international King-Khalid, provoquant une explosion violente et un panache de fumée noire visibles dans la capitale saoudienne.
Les victimes de cette frappe, qualifiée de crime de guerre par la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, incluent des ressortissants de plusieurs nationalités. Selon les témoins oculaires interrogés sur place, un projectile a touché la zone de la porte 401 dans le terminal intérieur, provoquant une scène de panique générale où de nombreux civils prenaient la fuite alors que plus d’une dizaine d’ambulances se précipitaient vers le site de l’impact.

Quelques jours avant, le 8 octobre, la même infrastructure aéroportuaire a déjà subi des tirs destructeurs, incluant la destruction d’un aéronef de la compagnie nationale saoudienne stationné au sol sans passagers. Des attaques distinctes survenues les 6 et 7 octobre avaient également coûté la vie à trois personnes. Un autre projectile est tombé le même samedi à proximité de l’aéroport international King Fahd, situé dans la ville orientale de Dammam, selon l’annonce de la coalition.
Washington réagit à l’attaque et menace intervention
À Washington, le président américain Donald Trump a déclaré que son administration examinait la situation de près pour décider d’une éventuelle participation militaire aux côtés de Riyad contre les rebelles houthis au Yémen.
Interrogé par des journalistes à la Maison-Blanche sur une implication potentielle des États-Unis, le chef de l’État a indiqué qu’il venait d’apprendre la nouvelle et qu’une décision rapide serait prise, soulignant que son pays pourrait agir aux côtés de Riyad après avoir évalué les développements récents.
« C’est possible. Nous allons examiner la question », a déclaré Donald Trump, selon Deutsche Welle.

Perturbations du trafic aérien et isolement de la capitale
La mission diplomatique américaine en Arabie saoudite a émis une alerte de sécurité recommandant formellement à tous les citoyens américains d’éviter l’aéroport international King-Khalid ainsi que les zones avoisinantes. Les restrictions de voyage imposent par ailleurs une autorisation spéciale pour les employés du gouvernement américain souhaitant transiter par cette plateforme aéroportuaire de la capitale.
Les données de suivi des vols enregistrées par la plateforme FlightAware indiquent qu’au moins 291 vols ont été annulés à l’aéroport de Riyad au cours des 24 heures suivant l’attentat, tandis que les derniers mouvements commerciaux enregistrés par Flightradar24 dataient de l’après-midi du samedi, avant la suspension totale des opérations. De nombreuses compagnies aériennes internationales majeures, telles qu’Air India, FlyDubai, Lufthansa Group et Pakistan International Airlines, avaient déjà suspendu ou restreint leurs liaisons vers Riyad et d’autres aéroports du royaume face à la menace persistante et aux avertissements émis par les rebelles.
Plusieurs gouvernements étrangers, incluant le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, l’Allemagne et la France, ont formellement conseillé à leurs ressortissants de fuir ou d’éviter la zone aéroportuaire. Des transporteurs régionaux de premier plan, à l’instar de Kuwait Airways, Etihad Airways et Qatar Airways, ont également interrompu leurs vols à destination de la capitale saoudienne jusqu’au début de la semaine prochaine en raison de la situation sécuritaire critique.
Escalade militaire au Yémen
Cette attaque d’envergure s’inscrit dans une confrontation militaire en pleine recrudescence entre les Houthis et les forces gouvernementales yéménites soutenues par l’Arabie saoudite. La coalition menée par Riyad déploie actuellement un important appui aérien pour tenter de repousser les récentes avancées territoriales enregistrées par les rebelles le long de la côte de la mer Rouge et du détroit stratégique de Bab el-Mandeb.
Le porte-parole militaire des forces houthies, le brigadier général Yahya Saree, avait préalablement intensifié la campagne rebelle en proclamant l’espace aérien saoudien zone d’opérations militaires et en avertissant les compagnies aériennes civiles de se tenir à l’écart des infrastructures aéroportuaires du royaume. Les agences onusiennes et les hauts diplomates, à l’image de l’envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen Hans Grundberg, ont qualifié ces frappes de grave escalade menaçant directement la stabilité sécuritaire de toute la région, tandis que le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a rappelé que les frappes ciblant les civils et leurs infrastructures constituent des violations du droit international.