Le président français Emmanuel Macron entame ce mercredi une tournée en Amérique latine et en Afrique, marquée par une étape symbolique à Salvador de Bahia, au Brésil. Cette visite, axée sur le renforcement des liens transatlantiques et la réaffirmation de l’engagement français en faveur d’une nouvelle relation avec l’Afrique, s’inscrit dans le cadre de la saison culturelle France-Brésil.
Arrivé à Salvador, capitale de l’État de Bahia, Macron participera à l’ouverture du festival « Notre futur : Brésil-France, dialogues avec l’Afrique », un événement réunissant les jeunes et les nouvelles voix des sociétés civiles brésiliennes, africaines et françaises, selon l’Élysée. Bahia, l’une des principales portes d’entrée des esclaves africains déportés, est aujourd’hui un centre vibrant de la culture afro-brésilienne. La présidence française souligne que cette visite vise à « célébrer et à travailler avec Brasília à une relation transatlantique ré-imaginée », en associant les partenaires africains.
Au programme de ce déplacement, une visite à la galerie consacrée à l’œuvre du photographe et anthropologue français Pierre Fatumbi Verger (1902-1996), ainsi qu’une découverte de la Maison du Bénin et de l’exposition « Je suis un fleuve noir ». Cette étape bahianaise est perçue à Paris comme un « point d’étape » dans le processus de renouvellement des relations avec l’Afrique.
« Bahia, c’est un point d’étape », a insisté l’Élysée. « On se donne rendez-vous également à Nairobi en mai, pour le nouveau sommet Afrique-France qu’on organise pour la première fois dans un pays anglophone. »
La tournée du président Macron se poursuivra jeudi à Bethléem, en Amazonie brésilienne, où il prononcera un discours lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement convoqué par le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, en amont de la COP30, la conférence de l’ONU sur le climat. Enfin, vendredi, il se rendra à Mexico, où il sera accueilli par la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, un an après sa prise de fonctions.
Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de « refondation et de renouvellement » de la relation entre la France et l’Afrique, une relation parfois tendue, notamment dans le Sahel. La culture joue un rôle central dans cette démarche, avec notamment une politique de restitution des objets acquis pendant la période coloniale. Par ailleurs, la reconnaissance de l’esclavage sera également au cœur des discussions à Salvador, ville qui a accueilli un nombre considérable d’esclaves venant notamment du golfe du Bénin et du port de Cotonou.