Publié le 25 novembre 2025 à 19h40. Face à une tension croissante dans les Caraïbes, l’administration Trump envisage une approche inédite vis-à-vis du Venezuela : une possible conversation directe avec Nicolás Maduro, combinée à une désignation du « Cartel des Soleils » comme organisation terroriste internationale.
- Les États-Unis pourraient engager des discussions directes avec Nicolás Maduro.
- Le « Cartel des Soleils » a été officiellement désigné comme organisation terroriste par Washington.
- Une opération militaire américaine contre le trafic de drogue dans la région est en cours, avec un déploiement important de forces navales.
Washington intensifie la pression sur le régime vénézuélien. L’administration Trump étudie plusieurs options, dont une approche diplomatique surprenante : une conversation directe avec le président Nicolás Maduro. Cette possibilité, révélée par le site Axios, intervient après la décision de désigner le « Cartel des Soleils » comme organisation terroriste internationale, une mesure qui vise directement Maduro en tant que chef de cette organisation, selon les autorités américaines.
Selon des sources proches de l’administration républicaine, Donald Trump aurait exprimé son intention de parler avec Maduro, bien qu’aucune date précise n’ait encore été fixée. La conversation est actuellement « en phase de planification ». Un responsable américain a tenu à préciser que, pour l’instant, il n’y a « pas d’intention d’attaquer ou d’enlever Maduro », tout en soulignant que cette situation pourrait évoluer.
Parallèlement à cette possible ouverture diplomatique, les États-Unis poursuivent leurs opérations militaires dans la région. L’objectif affiché est de lutter contre le trafic de drogue. « Nous allons faire exploser des navires transportant de la drogue. Nous allons arrêter le trafic de drogue », a déclaré une source américaine, faisant référence aux opérations navales menées depuis plusieurs semaines. Ces opérations, baptisées « Opération Southern Spear », ont déjà causé la mort d’au moins 83 personnes lors de 21 affrontements avec des navires soupçonnés de transporter des stupéfiants, exacerbant ainsi les tensions avec le régime chaviste.
L’administration Trump justifie sa fermeté en qualifiant Maduro de « narcoterroriste ». Un responsable américain, sous couvert d’anonymat, a déclaré : « Il faut toujours commencer par ce mot si l’on veut représenter la mentalité du président ». Malgré les sanctions et les pressions, les diplomates américains craignent que Maduro ne fasse que des promesses non tenues. « Il a dit beaucoup de choses de ce genre pendant de nombreuses années et ne tient jamais ses promesses. Alors les diplomates nous disent que nous devrions nous méfier », a ajouté la source, citée par Axios.
Selon la Maison Blanche, les opérations secrètes en cours ne visent pas à éliminer Maduro, mais à perturber le trafic de drogue. « Si Maduro partait, nous ne verserions pas une larme », a toutefois affirmé un responsable. Des frappes ciblées sur des infrastructures liées au trafic de drogue, telles que des ports, des aéroports ou des routes, pourraient être envisagées.
La désignation du « Cartel des Soleils » comme organisation terroriste, entrée en vigueur lundi, ouvre la voie à de nouvelles sanctions juridiques et financières contre les responsables du régime vénézuélien et pourrait légitimer des opérations militaires contre des cibles liées au chavisme. Le régime de Maduro a catégoriquement rejeté cette accusation, dénonçant un « mensonge infâme et ignoble » destiné à justifier une intervention illégale et pointant du doigt le sénateur américain Marco Rubio.
Maduro a réaffirmé sa détermination à défendre le Venezuela. « Quoi qu’ils fassent, comment ils le font, où ils le font, ils ne seront pas capables de gérer le Venezuela. Nous sommes invincibles », a-t-il déclaré lundi soir lors de son émission hebdomadaire Avec Maduro+. Selon des sources américaines, les principaux artisans de la politique américaine à l’égard du Venezuela seraient Donald Trump, son chef de cabinet adjoint Stephen Miller, et Marco Rubio.
Ces dernières semaines, des informations ont circulé sur de possibles actions américaines au Venezuela visant à forcer Maduro à quitter le pouvoir. Le chef d’état-major interarmées américain, le général Dan Caine, s’est rendu lundi à Porto Rico et a visité l’un des nombreux navires de guerre déployés dans les Caraïbes dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue. Ce déplacement, officiellement justifié par un remerciement aux troupes avant le jour de Thanksgiving, coïncide avec la mise en œuvre de « l’Opération Southern Lance », la plus importante concentration de forces navales américaines dans la région depuis la crise des missiles de Cuba en 1962.
Le général Caine a également rencontré mardi le Premier ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, quelques jours après la fin d’exercices militaires conjoints entre les marines et les troupes locales. Le soutien explicite du Premier ministre à ces manœuvres a conduit le pays insulaire, situé à quelques kilomètres des côtes vénézuéliennes, à entrer en conflit avec le régime chaviste.
Par ailleurs, le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, se rendra mercredi en République dominicaine pour renforcer la coopération avec les autorités locales dans la « coordination de la lutte contre le trafic de drogue », selon le président Luis Abinader.
Le porte-avions le plus grand et le plus moderne de l’US Navy, le Gerald R. Ford, est arrivé dans les Caraïbes la semaine dernière. On estime qu’il y a actuellement environ 15 000 soldats américains dans la région, dont des Marines sur des navires amphibies et environ 5 000 soldats sur des bases militaires à Porto Rico.
Malgré la fermeté affichée, un conseiller de l’administration Trump a déclaré à Axios qu’il « considère une solution diplomatique comme très probable ». « Trump ne l’a pas dit en ces termes, mais il veut que son héritage soit qu’il a fait tout son possible pour arrêter le flux de drogues illégales dans ce pays », a-t-il ajouté.
Un sondage CBS News/YouGov publié lundi révèle que 70 % des Américains s’opposent à une action militaire au Venezuela, tandis que seulement 30 % y sont favorables.