Publié le 2024-02-29 14:35:00. Plus de 8 000 personnes vivent avec le VIH au Suriname, mais la sensibilisation et l’accès aux soins restent des défis majeurs, en particulier chez les jeunes et les populations les plus vulnérables.
- On estime que plus de 8 000 personnes vivent avec le VIH au Suriname.
- Seule la moitié des personnes infectées connaissent leur statut sérologique.
- L’augmentation des cas chez les jeunes et le risque élevé au sein de la communauté des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) sont particulièrement préoccupants.
Au Suriname, plus de 8 000 personnes sont actuellement porteuses du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), a révélé Monique Holtuin, point focal VIH au ministère de la Santé, de la Protection sociale et du Travail (VWA). Si environ 4 000 personnes connaissent leur statut sérologique, une proportion encourageante de 85 % d’entre elles bénéficie d’une prise en charge médicale et d’un traitement adéquats. Cependant, l’autre moitié, ignorant sa séropositivité, représente une source d’inquiétude majeure pour les autorités sanitaires.
« Tant que ces personnes ne connaîtront pas leur statut, elles continueront, sans le savoir, à contribuer à la propagation du virus », a souligné Mme Holtuin. Elle a également mis en évidence une tendance alarmante : l’augmentation des nouvelles infections chez les jeunes. Les médecins généralistes observent que certains jeunes ne présentent de symptômes que vers l’âge de 20 ans, alors qu’ils ont pu contracter le virus plusieurs années auparavant. Cette situation souligne l’importance cruciale d’un dépistage précoce.
Les enfants nés de mères séropositives constituent également une population vulnérable. Bien que la transmission mère-enfant puisse être évitée grâce à un traitement approprié, certaines femmes hésitent à se soumettre aux examens de contrôle et aux traitements par crainte de la stigmatisation. « En conséquence, des bébés continuent de contracter le VIH, alors que cela est parfaitement évitable », a déploré Mme Holtuin.
Un autre groupe à risque identifié est celui des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Le risque d’infection est plus élevé au sein de cette communauté, en particulier en cas de rapports non protégés et de multiples partenaires. « Au-delà des facteurs biologiques, les conditions sociales telles que la marginalisation et le rejet jouent également un rôle important. Dans un environnement où la stigmatisation est présente, les individus sont moins susceptibles de demander de l’aide ou des informations, ce qui augmente leur vulnérabilité », a expliqué Mme Holtuin.
Le manque de connaissances et les idées fausses sur le VIH contribuent également à la propagation du virus. Beaucoup de personnes pensent à tort qu’elles sont protégées si elles ont un partenaire stable, sans tenir compte du fait que ce dernier peut avoir des contacts multiples. « Le préservatif reste la méthode de protection la plus efficace. Notre conseil est simple : utilisez toujours un préservatif si vous ignorez le statut sérologique de votre partenaire », a insisté Mme Holtuin.
Pour mieux protéger les jeunes générations, Mme Holtuin plaide en faveur d’une éducation sexuelle structurée dans les écoles. « Les jeunes doivent apprendre à parler de sexualité et de l’utilisation du préservatif. Ils doivent être informés sur la manière de gérer les situations à risque afin de pouvoir prendre des décisions éclairées », a-t-elle déclaré.
La prévention et le traitement doivent aller de pair, a souligné Mme Holtuin. L’objectif est d’amener les personnes séropositives à atteindre une charge virale indétectable, ce qui les empêche de transmettre le virus. « Si au moins 7 000 des 8 000 personnes infectées suivent un traitement et respectent scrupuleusement leur posologie, cela réduira considérablement le risque de propagation », a-t-elle précisé.
Selon Mme Holtuin, la clé du succès réside dans l’information, le changement de comportement et un suivi médical continu. « Nous devons briser les tabous et lutter contre la stigmatisation, et œuvrer pour une société où chacun se sent libre de se faire dépister et de parler ouvertement de sa santé. »
