Le cortège funèbre de l’ayatollah Ali Khamenei a débuté le lundi 6 juillet 2026 dans les rues de Téhéran. Après trois jours d’obsèques nationales, le cercueil traverse la capitale iranienne vers Qom et l’Irak, alors que les autorités attendent la mobilisation de 15 à 20 millions de personnes pour ce dernier hommage.
Le déploiement du cortège et la mobilisation à Téhéran
La procession, qui doit durer entre 10 et 12 heures, emprunte des axes symboliques de la capitale, notamment la rue Enghelab et la place Azadi. Selon Medias24, le cercueil a d’abord été exposé durant deux jours à la Grande Mosalla, où des murs de béton avaient été érigés pour maintenir le public à distance et prévenir tout mouvement de foule.
L’ampleur du rassemblement est massive. Les autorités iraniennes prévoient un afflux total de 15 à 20 millions de personnes à Téhéran, une ville qui compte pourtant un peu plus de 10 millions d’habitants. Pour faciliter cette participation, le dimanche et le lundi ont été déclarés jours fériés.
L’ambiance dans les rues est marquée par une forte charge idéologique. Des centaines de personnes vêtues de noir brandissent des drapeaux iraniens et des portraits du défunt guide suprême. L’hostilité envers l’Occident est omniprésente, avec des pancartes ciblant explicitement le président américain Donald Trump ou affichant des slogans radicaux.
“A bas les Etats-Unis”
Manifestant à Téhéran, via Medias24
Les circonstances de la mort et les victimes collatérales

La disparition d’Ali Khamenei, survenue à l’âge de 86 ans, n’est pas naturelle. Il a été tué par des frappes israélo-américaines, un événement qui a déclenché, le 28 février, une guerre meurtrière au Moyen-Orient.
Le drame a frappé plusieurs membres de son cercle familial immédiat. Aux côtés du guide suprême, les autorités ont exposé les cercueils de ses proches tués dans les mêmes bombardements : une fille, un gendre, une belle-fille et une petite-fille âgée de 14 mois.
“Dites au monde que la vengeance est inévitable”
Slogan sur une banderole, via Medias24
Les zones d’ombre : l’absence de Mojtaba et des anciens présidents
Si la mobilisation populaire est réelle, le sommet du pouvoir affiche des fissures. L’absence de Mojtaba Khamenei, le fils du défunt et son successeur à la fonction de guide suprême, est le point le plus interrogé. Âgé de 56 ans, Mojtaba a été blessé lors des frappes ayant tué son père. Il ne communique désormais que par des communiqués écrits.
Selon i24NEWS, cet éloignement de la scène publique nourrit les doutes sur sa capacité réelle à s’imposer et à garantir une transition stable à la tête du régime.
L’unité affichée est également écorchée par l’absence de figures politiques historiques. Trois anciens présidents de la République islamique n’ont pas participé à la cérémonie officielle de Téhéran :
- Mohammad Khatami
- Hassan Rouhani
- Mahmoud Ahmadinejad
Ce manque de représentation a suscité des critiques dans certains médias iraniens, car cet événement était censé symboliser la cohésion absolue de toutes les forces du pouvoir.
L’obsession du régime : éviter le chaos de 1989
Pour le pouvoir iranien, l’enjeu de ces funérailles dépasse le simple hommage ; c’est une opération de gestion des risques. Le souvenir du 6 juin 1989 hante les organisateurs. Lors des obsèques du fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeini, la foule avait pris d’assaut le cortège. Le linceul avait été déchiré et le corps était tombé au sol.
L’agence officielle Irna avait alors rapporté un bilan tragique pour cet événement :
| Donnée | Chiffre (Obsèques de Khomeini 1989) |
|---|---|
| Nombre de participants | 10 millions |
| Nombre de morts | Plus de 10 |
| Nombre de blessés | Plus de 10 000 |
Le corps de Khomeini avait dû être transféré par hélicoptère vers le cimetière avec plusieurs heures de retard. En 2026, la mise en place de murs de béton à la Mosalla et l’organisation rigide du parcours témoignent d’une volonté farouche d’éviter un tel dérapage.
Analyse : une résilience sous tension
Le régime tente de transformer ce moment de vulnérabilité en une démonstration de force. En mobilisant des millions de citoyens — dont beaucoup dépendent économiquement des institutions étatiques — Téhéran veut prouver que sa base de soutien reste solide malgré la guerre avec Israël et les États-Unis.
Cependant, la réussite logistique des cérémonies ne masque pas les défis structurels. L’économie reste asphyxiée par les sanctions et les tensions régionales sont à leur comble. La véritable épreuve pour la République islamique ne sera pas le défilé du cercueil, mais sa capacité à maintenir sa cohésion interne alors que le leadership change dans un climat de conflit ouvert.
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