Marine Le Pen a confirmé ce mardi 7 juillet sur TF1 sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Malgré une condamnation par la cour d’appel de Paris à un an de prison ferme sous bracelet électronique, sa peine d’inéligibilité étant purgée, elle peut techniquement se présenter, tout en se pourvoyant en cassation.
Un verdict d’appel et une éligibilité préservée

Le suspense sur la capacité juridique de Marine Le Pen à briguer un mandat présidentiel a été levé ce mardi. La cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation de la cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN) dans l’affaire des assistants parlementaires. La justice a toutefois réduit la peine d’inéligibilité à 45 mois, dont 30 avec sursis. Cette sanction étant déjà purgée, le verrou juridique qui aurait pu l’écarter du scrutin de 2027 est levé.
Le reste de la sentence demeure lourd : trois ans de prison, dont un an ferme assorti d’un placement sous surveillance électronique, ainsi qu’une amende de 100 000 euros. Marine Le Pen récuse fermement ces conclusions.
“À partir du moment où ma peine d’inéligibilité est purgée, alors je veux aller au bout des voies de recours pour défendre mon innocence dans ce dossier”
Marine Le Pen
L’enjeu se déplace désormais vers la Cour de cassation, où elle a annoncé se pourvoir pour tenter de faire annuler la décision de la cour d’appel.
Le bras de fer judiciaire autour du bracelet électronique

L’image d’une candidate en campagne sous bracelet électronique crée une tension politique. Ce point précis marque un revirement stratégique. Fin février, lors d’un entretien avec BFMTV, Marine Le Pen affirmait qu’elle ne mènerait pas de nouvelle campagne si elle devait porter ce dispositif.
Ce mardi, le discours a changé. La candidate mise sur son pourvoi en cassation pour suspendre l’exécution des peines prononcées. Elle a assuré qu’elle ferait campagne sans bracelet, convaincue que la haute juridiction cassera la décision d’appel.
La justice, de son côté, semble consciente de la charge symbolique et politique du calendrier. Christophe Soulard, premier président de la Cour de cassation, a indiqué que l’institution entendrait rendre sa décision “si possible” avant le scrutin de 2027. L’objectif est d’éviter que l’incertitude judiciaire ne perturbe l’élection. Si la Cour confirme la peine, Marine Le Pen pourrait se retrouver sous bracelet électronique à quelques mois seulement du vote.
Le binôme Le Pen-Bardella comme stratégie électorale
Pour compenser l’usure judiciaire, Marine Le Pen mise sur un duo avec Jordan Bardella, qu’elle qualifie de “ticket gagnant”. Cette stratégie repose sur une répartition claire des rôles : en cas de victoire, elle occuperait la présidence de la République tandis que Jordan Bardella deviendrait son Premier ministre.
“Nous allons très rapidement Jordan Bardella et moi démarrer cette campagne présdentielle. Nous avons offert aux Français un binôme que je crois complémentaire, équilibré, cohérent, solide.”
Marine Le Pen
Le discours politique s’articule autour d’une métaphore forte : le “syndrome de Gulliver”. Marine Le Pen décrit la France comme un géant maintenu au sol par des “millions de petits fils”, représentant les décisions des gouvernements des trente dernières années. Son objectif, avec Bardella, est de “couper” ces fils pour libérer le pays.
Coûts financiers et réactions dans les fiefs du RN
Au-delà de la situation personnelle de sa leader, le Rassemblement National fait face à un impact financier conséquent. Le parti a été condamné à 2 millions d’euros d’amende, dont un million avec sursis, et doit verser 4,4 millions d’euros de dommages-intérêts au Parlement européen.
Sur le terrain, l’accueil de cette condamnation est contrasté. Dans un village où le RN a emporté le premier tour lors des dernières élections municipales, les électeurs interrogés affichent un mélange de désabusement et de fidélité. Si certains citoyens s’offusquent du détournement de fonds publics, d’autres considèrent que “ils le font tous” ou que la surveillance électronique ne serait pas un obstacle à son action politique.
Cette résilience électorale, malgré les condamnations répétées, souligne le décalage entre la réalité judiciaire et la perception d’une partie de l’électorat, pour qui la lutte politique prime sur les sanctions pécuniaires ou pénales.
L’avenir de cette candidature repose désormais sur un calendrier judiciaire serré. La décision de la Cour de cassation, attendue au plus tôt début 2027, déterminera si Marine Le Pen pourra mener sa campagne librement ou si elle devra naviguer sous la contrainte d’une surveillance électronique, transformant ainsi l’image de sa course à l’Élysée.
Find more reporting in our Nouvelles section.

