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Opération Hard Ball: arrestations de 24 criminels indiens liés à Nijjar

by Clara Dubois
Un démantèlement coordonné à l'échelle internationale

Opération Hard Ball : 24 arrestations liées à des réseaux criminels indiens et au meurtre de Hardeep Singh Nijjar

Un coup de filet international coordonné, baptisé « Opération Hard Ball », a permis l’arrestation de 24 personnes soupçonnées d’appartenir à trois organisations criminelles transnationales basées en Inde. Cette enquête de plusieurs années, menée conjointement par les autorités américaines, canadiennes et européennes, a mis en lumière des activités criminelles d’envergure, incluant le meurtre du citoyen canadien Hardeep Singh Nijjar, survenu en juin 2023 à Surrey, en Colombie-Britannique.

Un démantèlement coordonné à l’échelle internationale

L’opération, qui a mobilisé le FBI et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) durant deux ans, visait des réseaux impliqués dans le racket, les assassinats ciblés, l’extorsion et le trafic de drogue international. Au total, 37 personnes ont été inculpées dans le cadre de cette affaire, dont 24 ont été arrêtées. Parmi elles, 13 ont été interpellées aux États-Unis, trois au Canada, et une en Espagne. Dix autres suspects demeurent activement recherchés, localisés potentiellement aux États-Unis, en Inde et en Europe.

Lors d’une conférence de presse à Los Angeles, le commissaire de la GRC, Mike Duheme, a souligné que les suspects jouaient des rôles de premier plan dans la coordination d’activités criminelles transfrontalières. Les trois individus arrêtés au Canada — Ravinder Singh Dhanda, Jaskarn Baghri et Gurtej Singh Smagh — ont comparu devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, une procédure visant notamment à statuer sur leur extradition vers les États-Unis.

Des chefs criminels opérant depuis leur cellule

Des chefs criminels opérant depuis leur cellule

L’enquête révèle que les organisations criminelles étaient dirigées par des individus incarcérés en Inde. Lawrence Bishnoi, détenu depuis 2014 et dont le gang a été désigné comme entité terroriste par le Canada en 2025, est accusé d’avoir orchestré des assassinats politiques, des extorsions et du trafic de stupéfiants depuis sa prison. Il est inculpé, aux côtés de son lieutenant présumé Satinderjeet Singh, alias « Goldy Brar », pour avoir commandité l’assassinat de Hardeep Singh Nijjar, un militant sikh engagé en faveur du Khalistan.

Un second réseau est dirigé par Jaggu Bhagwanpuria, 38 ans, un ancien associé de Bishnoi. Ce groupe compterait plus de 1 000 membres répartis dans plusieurs pays, dont le Canada, les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Bhagwanpuria est poursuivi pour la gestion d’une entreprise criminelle impliquée dans des meurtres commandités, des enlèvements et le trafic d’armes.

Trafic de stupéfiants et infiltration aux frontières

Le département américain de la Justice a précisé que ces réseaux finançaient leurs activités par le trafic de drogue massif. L’Opération Hard Ball a permis la saisie d’environ 1 000 kg de cocaïne, 1 kg d’héroïne, des armes à feu et des fonds liquides.

Un volet spécifique de l’enquête concerne un réseau présumé de trafic de stupéfiants dirigé par Ravinder Singh Dhanda. Ce groupe aurait utilisé des camions de transport commercial pour acheminer chaque semaine des centaines de kilos de cocaïne et de méthamphétamine des États-Unis vers le Canada. Selon les actes d’accusation, Gurtej Singh Smagh aurait notamment tenté d’obtenir des renseignements sur les inspections frontalières auprès d’un employé de l’Agence des services frontaliers du Canada pour faciliter ces passages illicites.

Enjeux politiques et sécuritaires

L’assassinat de Hardeep Singh Nijjar, qui avait été averti à plusieurs reprises par les forces de l’ordre canadiennes qu’il était une cible d’assassinat, a provoqué de vives tensions diplomatiques entre le Canada et l’Inde. Pour Moninder Singh, porte-parole de la Fédération sikhe du Canada, ces arrestations représentent une avancée, bien qu’il estime que les activités criminelles de ces réseaux ne soient que la « partie émergée de l’iceberg ».

Les autorités américaines ont réaffirmé leur détermination à poursuivre ces organisations. « Il n’existe aucun refuge sûr pour ces brutes », a déclaré Bill Essayli, magistrat représentant le ministère de la Justice, assurant que ces groupes, responsables de la terreur au sein de la diaspora indienne, feraient face à toute la rigueur de la justice. Le FBI a par ailleurs offert une récompense de 50 000 $ US pour toute information permettant de localiser Goldy Brar.

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