Publié le 23 décembre 2025 14:39:00. Malgré les inquiétudes croissantes concernant leur impact sur la santé mentale, les plateformes numériques comme YouTube et TikTok continuent de dominer le quotidien des adolescents américains, avec une utilisation quasi constante chez près d’un jeune sur cinq.
- Une étude du Pew Research Center révèle que YouTube et TikTok sont les plateformes les plus populaires auprès des adolescents américains.
- Près d’un tiers des adolescents déclarent utiliser au moins une application de réseaux sociaux de manière quasi constante.
- L’utilisation de chatbots à intelligence artificielle se répand également chez les jeunes, avec ChatGPT en tête de liste.
Les écrans restent un élément central de la vie des adolescents aux États-Unis, selon une nouvelle enquête menée par le Pew Research Center. L’étude, qui a interrogé 1 458 adolescents âgés de 13 à 17 ans, confirme que les téléphones, les vidéos et les réseaux sociaux sont profondément ancrés dans leurs habitudes.
YouTube arrive en tête des préférences, avec environ 75 % des adolescents déclarant l’utiliser quotidiennement. TikTok, Instagram et Snapchat suivent de près, tandis que Facebook, autrefois incontournable, est désormais relégué au second plan. L’enquête souligne également que près d’un tiers des adolescents utilisent au moins une application de réseaux sociaux de manière quasi constante, une proportion qui reste stable depuis plusieurs années.
Selon Michelle Faverio, chercheuse associée au Pew Research Center, interrogée par Le New York Times :
« Environ un tiers des adolescents déclarent qu’ils prennent presque constamment au moins un des cinq médicaments – et ce chiffre est resté stable depuis plusieurs années maintenant. »
L’étude révèle également des disparités significatives entre les différents groupes démographiques. Les adolescents noirs et hispaniques sont plus susceptibles que les adolescents blancs de déclarer une utilisation quasi constante de YouTube, TikTok et Instagram. Les filles ont tendance à privilégier Snapchat et Instagram, tandis que les garçons se tournent davantage vers YouTube et Reddit.
Parallèlement, les adolescents se montrent de plus en plus intéressés par les chatbots à intelligence artificielle. Environ 64 % d’entre eux ont déjà utilisé un chatbot, et 28 % le font quotidiennement. Près de 16 % des adolescents déclarent utiliser ces outils plusieurs fois par jour, voire de manière quasi constante. ChatGPT est le chatbot le plus populaire, suivi par Gemini et Meta AI de Google, tandis que des plateformes basées sur des personnages, comme Character.ai, attirent une audience plus restreinte.
Ces résultats ne surprennent pas les spécialistes de la santé mentale, mais suscitent néanmoins des inquiétudes. Eileen Kennedy Moore, psychologue basée à Princeton, dans le New Jersey, qui a examiné les conclusions de l’étude, explique :
« La vie en ligne fait partie intégrante de la vie des enfants. Ce n’est pas que regarder une vidéo YouTube va les transformer en citrouille, mais s’ils y sont presque constamment, qu’est-ce qu’ils manquent ? »
Les chercheurs soulignent que le temps passé devant un écran ne suffit pas à expliquer l’impact sur la santé mentale. Certaines études n’établissent pas de lien direct entre une utilisation prolongée des écrans et une détérioration de la santé mentale. Cependant, une consommation compulsive ou addictive est source de préoccupation. Une utilisation constante des écrans peut perturber le sommeil, l’activité physique et les relations sociales en face à face, et les chatbots ne contribuent pas au développement des compétences sociales réelles des adolescents, selon Kennedy-Moore.
Une étude récente publiée dans la revue Pédiatrie a révélé que les enfants qui possédaient un smartphone à l’âge de 12 ans étaient plus susceptibles de souffrir de dépression, d’obésité et de troubles du sommeil.
Face à ces constats, les pouvoirs publics commencent à agir. Plusieurs États américains limitent désormais l’utilisation des téléphones portables pendant les heures de classe, et l’Australie a récemment interdit l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans. Cependant, certains experts estiment que les parents et les tuteurs jouent un rôle primordial dans l’encadrement de l’utilisation des écrans par les adolescents.
Kennedy-Moore conseille :
« Si votre enfant est assez jeune pour se coucher, ses appareils ont également besoin d’une heure de coucher. Je peux vous dire en tant que clinicien que rien de bon ne se produit sur ces appareils au milieu de la nuit. »
Pour en savoir plus
Consultez le site de Yale Medicine pour plus d’informations sur l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents.
SOURCE: Le New York Times, 9 décembre 2025
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