Une décoration d’Halloween controversée devant le domicile du shérif d’un comté de l’Ohio a suscité l’indignation, ravivant le débat sur les limites de l’humour et les dérives potentielles de la fête. La scène mettait en scène des squelettes en ponchos et sombreros traversant une clôture devant d’autres squelettes portant des T-shirts estampillés “ICE”, acronyme d’Immigration and Customs Enforcement, l’agence fédérale américaine chargée des expulsions de migrants sans papiers.
L’installation a été vivement critiquée par les voisins et les représentants des communautés latino-américaines, qui y voient une représentation humiliante, alimentant la peur et le racisme. Ils jugent cette mise en scène particulièrement déplacée pour un représentant de l’ordre.
Michelle Birch, l’épouse du shérif, a assumé la responsabilité de la décoration, affirmant qu’elle avait simplement installé les éléments tandis que son mari “tondait la pelouse”. Elle a défendu son choix en qualifiant l’ensemble de « pièce ironique » sur le thème de l’immigration, précisant qu’elle était elle-même d’origine cubaine.
« C’était une pièce ironique », a-t-elle déclaré.
L’incident intervient alors que les États-Unis sont en pleine discussion sur ce qui constitue un costume d’Halloween acceptable, et sur le risque que la fête ne devienne un prétexte à la xénophobie. Sierra Austin, professeure à l’Université d’État de l’Ohio, souligne que se déguiser en représentant d’un groupe ethnique ou racial est loin d’être anodin.
« S’habiller en représentant un groupe ethnique ou racial est plus qu’un simple costume », explique-t-elle. « Les personnes issues de communautés marginalisées ne peuvent pas ‘enlever’ leur identité comme un masque et doivent faire face à des préjugés au quotidien. »
