Publié le 24 octobre 2025 23:39:00. Un couple séparé partageant la garde de ses enfants peut désormais prétendre à une allocation de pension alimentaire anticipée si l’un des parents assume plus de 60 % de la charge de soins, selon une décision récente du Tribunal administratif fédéral.
- Les parents séparés assumant plus de 60 % des soins de leurs enfants peuvent bénéficier d’une allocation de pension alimentaire anticipée.
- La simple existence d’une garde conjointe, même avec une part de soins significative de l’autre parent, n’empêche plus l’accès à cette aide.
- Seules les durées de soins sont prises en compte, sans évaluation qualitative des prestations individuelles.
Une mère avait vu sa demande d’allocation de pension alimentaire anticipée pour ses jumeaux de sept ans rejetée par la caisse compétente. L’argument avancé était que, du fait d’une garde alternée (les enfants passant tous les quinze jours du mercredi après-midi au lundi matin chez leur père), elle n’était pas considérée comme une parent isolé. Cette décision a été confirmée en première et seconde instance par le tribunal administratif et le tribunal administratif supérieur, qui ont mis en avant le droit de garde conjointe et la part de soins du père, estimée à 36 %.
Le Tribunal administratif fédéral a finalement donné raison à la mère. Il a précisé que, selon l’article 1, paragraphe 1, n° 2 de la loi sur les allocations familiales (UVG), un enfant est considéré comme “vivant” avec un parent si la responsabilité principale de sa garde lui est confiée, même si l’autre parent assure également une partie des soins. L’exclusion du droit à l’allocation anticipée n’intervient que lorsque la part de soins de l’autre parent atteint ou dépasse 40 % (contre 36 % dans le cas présent).
La cour a souligné l’importance de la sécurité juridique et de la simplification administrative, en précisant que seules les durées de garde sont pertinentes, sans qu’il soit nécessaire d’évaluer ou de pondérer les différentes formes de prestations de soins. Les allocations familiales et les accords relatifs au droit de visite sont considérés comme des éléments indicatifs, et la garde conjointe en elle-même n’est pas un obstacle à l’obtention de l’allocation.
Décision du Tribunal administratif fédéral du 12 décembre 2023, références 5 C 9.22 et 5 C 10.22.
Source : Conseil social Kiel
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