Home MondeAvis | L’Asie, avide d’énergie, peut-elle adopter l’énergie nucléaire ?

Avis | L’Asie, avide d’énergie, peut-elle adopter l’énergie nucléaire ?

by Clara Dubois

La Chine a franchi une étape décisive dans le domaine de l’énergie nucléaire avec le succès des tests préliminaires de Linglong One, présenté comme le premier petit réacteur modulaire terrestre commercial au monde. Cette avancée pourrait bien redéfinir l’avenir de la production d’électricité à faible émission de carbone, alors que la demande énergétique en Asie explose.

La China National Nuclear Corporation a annoncé début octobre que Linglong One avait achevé avec succès son « test fonctionnel à froid ». Cette évaluation complète, réalisée avant l’introduction du combustible, a permis de vérifier le bon fonctionnement du système sous haute pression. Contrairement aux réacteurs traditionnels comme le Hualong One, Linglong One a été conçu pour être beaucoup plus économique à construire.

L’Asie est actuellement le théâtre d’une expansion rapide de l’énergie nucléaire. L’Association nucléaire mondiale estime que la région compte actuellement environ 145 réacteurs opérationnels, avec 45 autres en construction et des projets concrets pour en ajouter 60 de plus. La Chine domine ce paysage avec 58 réacteurs en exploitation, suivie par le Japon (33, dont une partie temporairement arrêtée), la Corée du Sud (26) et l’Inde (24).

Face à l’urgence climatique et à la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’énergie nucléaire suscite un intérêt croissant. Certains experts la considèrent comme un élément essentiel pour atteindre les objectifs mondiaux de décarbonation. Contrairement aux énergies renouvelables intermittentes comme le solaire et l’éolien, le nucléaire offre une production d’électricité constante, indépendamment des conditions météorologiques ou de l’heure.

Les centrales nucléaires ne produisent quasiment pas de dioxyde de carbone ni d’autres gaz à effet de serre pendant leur fonctionnement. Leur empreinte carbone globale, incluant l’extraction des matières premières et la construction, reste relativement faible. De plus, elles nécessitent une surface au sol limitée : une centrale de 1 000 mégawatts occupe beaucoup moins d’espace qu’un parc solaire ou éolien de capacité équivalente.

Aux États-Unis, l’énergie nucléaire est déjà la plus grande source d’énergie propre du pays, avec 94 réacteurs en activité, selon le Département américain de l’Énergie. Elle génère près de 775 milliards de kilowattheures d’électricité par an, représentant près de la moitié de la production électrique sans émissions et évitant l’émission de plus de 471 millions de tonnes de carbone chaque année – l’équivalent du retrait de 100 millions de voitures de la route.

Linglong One, une fois opérationnel, devrait permettre de réduire les émissions de dioxyde de carbone de 880 000 tonnes par an, ce qui correspond à la plantation de 7,5 millions d’arbres. Il a d’ailleurs déjà passé avec succès l’examen de sécurité de l’Agence internationale de l’énergie atomique en 2016, une étape cruciale avant sa mise en service.

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