Publié le 28 octobre 2024. Les cas d’hépatite B sont en forte augmentation en Allemagne, et plus particulièrement à Brême, une tendance qui inquiète les autorités sanitaires et qui est en partie liée à l’élargissement des programmes de dépistage.
- Le nombre de cas d’hépatite B a été multiplié par trois en Allemagne depuis 2021, atteignant 22 126 infections signalées en 2023.
- Brême enregistre l’un des taux d’incidence les plus élevés du pays, avec 49,4 cas pour 100 000 habitants en 2024.
- L’augmentation des cas est attribuée en partie à l’introduction d’un dépistage systématique pour les personnes de plus de 35 ans, mais aussi à des changements dans les modes de transmission et les systèmes de déclaration.
L’hépatite B, une inflammation du foie causée par un virus, peut évoluer vers des complications graves telles que la cirrhose, le cancer du foie ou une insuffisance hépatique si elle n’est pas détectée et traitée à temps. La transmission du virus se fait principalement par contact avec du sang, de la salive ou du sperme infectés, notamment lors de rapports sexuels non protégés ou de la consommation de drogues.
À Brême, le nombre de cas signalés au Département de la Santé est passé de 189 en 2022 à 340 en 2023, avant de légèrement diminuer à 304 infections l’année dernière. À Bremerhaven, la tendance est également à la hausse, avec 33 cas en 2022, 39 en 2023 et 47 en 2024. Ces chiffres sont issus d’une réponse du Sénat à une question posée par le groupe parlementaire du FDP.
Selon le Sénat, l’augmentation du nombre de cas d’hépatite B chez les personnes de plus de 30 ans est particulièrement notable. Au niveau national, l’Institut Robert Koch (RKI) a signalé une multiplication par trois du nombre d’infections depuis 2021, malgré une légère baisse de 5 % en 2023. Les villes-États sont les plus touchées : Hambourg arrive en tête avec 76,6 cas pour 100 000 habitants en 2024, suivie de Brême (49,4) et de Berlin (37,7), contre une moyenne nationale de 26,9 cas.
Les autorités sanitaires expliquent cette situation par plusieurs facteurs. L’introduction du dépistage à l’automne 2021, qui permet aux personnes assurées de bénéficier d’un test unique pour les hépatites B et C à partir de 35 ans, a permis de détecter un plus grand nombre de cas. La Société allemande de gastroentérologie, des maladies digestives et métaboliques (DGVS) qualifie ce dépistage de « modèle de réussite ». Entre 2021 et 2023, le nombre de nouveaux diagnostics d’hépatite B a augmenté de 160 % et celui d’hépatite C de 121 %.
« Ces chiffres le montrent : le dépistage fonctionne – et il fonctionne là où il est censé le faire – pour les personnes âgées de 35 ans et plus qui, autrement, ne seraient pas détectées pendant longtemps. »
Heiner Wedemeyer, président de la DGVS
Un changement dans le système national de déclaration des laboratoires et l’augmentation des cas importés de pays où l’hépatite B est plus répandue contribuent également à cette augmentation des notifications. Le Sénat précise que cela conduit à une « visibilité nettement plus élevée des infections par l’hépatite B, sans augmentation significative du nombre de cas de la maladie contractés en Allemagne ». Parallèlement, le RKI a également constaté une augmentation significative des cas d’hépatite C, une infection transmise principalement par le sang et souvent chronique.
Pour se protéger contre l’hépatite B, la vaccination est recommandée. Malheureusement, il n’existe pas de vaccin pour l’hépatite C. Cependant, l’hépatite C peut désormais être guérie dans la quasi-totalité des cas grâce à des médicaments. Des recherches prometteuses sont en cours sur un vaccin thérapeutique, appelé « TherVacB », développé par Helmholtz Munich et déjà administré à des patients. Plus d’informations sur le vaccin thérapeutique « TherVacB ».
Les personnes souhaitant se faire tester ou obtenir des conseils peuvent consulter leur médecin traitant. Les autorités sanitaires de Brême et de Bremerhaven proposent également des consultations gratuites et anonymes sur les infections sexuellement transmissibles, ainsi que des tests gratuits pour le VIH, la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis et l’hépatite B pour les personnes à risque (travailleurs du sexe, hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes). Des offres de vaccination contre les hépatites A et B, ainsi que contre le Mpox (anciennement variole du singe), sont également disponibles pour ces groupes cibles. Des tests mobiles sont également proposés dans les zones fréquentées par les travailleurs du sexe. La demande de consultations et de tests est en augmentation.
Des formations et des ateliers sur la santé sexuelle sont proposés aux élèves dans les écoles, avec un accent particulier sur la vaccination contre les hépatites A et B. Les écoles ordinaires se renseignent de plus en plus sur ces programmes.
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