Plus de la moitié des Belges, soit 56 %, ignorent toujours en 2026 que le virus du papillomavirus humain (HPV) est responsable de plus de 1 000 cas de cancer chaque année dans le pays, selon les dernières données disponibles. Une méconnaissance qui s’étend bien au-delà du cancer du col de l’utérus, alors que le HPV est aussi lié à des cancers de l’anus, du pénis, de la vulve, du vagin et de la tête et du cou.
Un virus largement sous-estimé dans ses conséquences
Les chiffres sont sans appel : selon une enquête récente publiée par La Libre, 56 % des Belges ne savent pas que le HPV peut provoquer des cancers. Pire encore, près de 40 % des cancers liés à ce virus ne concernent pas le col de l’utérus, une information largement méconnue. Pourtant, le HPV touche 80 % des femmes et des hommes sexuellement actifs à un moment donné de leur vie, selon les données compilées par le laboratoire pharmaceutique MSD, citées par Paris Match.

Cette méconnaissance a des conséquences directes sur la prévention. Une majorité de Belges (53 %) pensent encore à tort que le HPV est un virus rare, alors qu’il s’agit en réalité d’une infection très répandue. Seuls 44 % des interrogés sont conscients que la vaccination peut prévenir les cancers liés au HPV, et parmi eux, une écrasante majorité (86 %) ne l’associe qu’au cancer du col de l’utérus, selon les résultats de l’enquête menée par MSD.
La confusion est d’autant plus préoccupante que le HPV est aussi responsable de verrues génitales et de papillomatoses respiratoires, des pathologies souvent moins médiatisées mais tout aussi invalidantes.
Un dépistage et une vaccination encore insuffisamment déployés
Face à cette réalité, les autorités sanitaires belges insistent sur la nécessité d’améliorer la couverture vaccinale et le dépistage. Le Conseil Supérieur de la Santé recommande depuis plusieurs années la vaccination systématique des filles et des garçons âgés de 9 à 14 ans, avec une possibilité de rattrapage jusqu’à 26 ans. En Wallonie, la gratuité du vaccin pour les jeunes de 12 à 14 ans a été mise en place dès septembre 2019, une mesure saluée par les experts comme une avancée majeure.

Pourtant, malgré ces efforts, la prise de conscience reste inégale. Une enquête citée par Lavenir révèle que près de 70 % des Belges pensent encore, à tort, que les femmes sont plus exposées que les hommes au HPV. Une idée reçue qui freine la demande de vaccination chez les garçons et limite l’efficacité globale des campagnes de prévention.
« Il y a une vraie prise de conscience au sein de nos gouvernements pour lutter contre le HPV. En poursuivant une telle politique volontariste et en adoptant toutes les recommandations du Conseil Supérieur de la Santé, nous sommes convaincus de pouvoir diminuer drastiquement la présence de ce virus d’ici 20 ans. »
Le professeur Squifflet souligne que l’efficacité de la vaccination dépend avant tout du taux de couverture atteint. Même vaccinées, les femmes doivent continuer à se soumettre à un dépistage régulier du cancer du col de l’utérus, une recommandation qui reste souvent négligée.
Ce que les chiffres révèlent sur les lacunes de la prévention
Voici ce que les données disponibles en 2026 révèlent sur la perception et la prévention du HPV en Belgique :
- 56 % des Belges ignorent que le HPV peut provoquer des cancers.
- Seuls 44 % savent que la vaccination peut prévenir les cancers liés au HPV.
- 86 % de ceux qui connaissent le lien HPV-cancer ne l’associent qu’au cancer du col de l’utérus.
- 70 % des Belges pensent à tort que les femmes sont plus exposées que les hommes.
- Le HPV touche 80 % des personnes sexuellement actives à un moment de leur vie.
Ces chiffres montrent une fracture claire entre la réalité épidémiologique et la perception publique. Pourtant, les outils pour se protéger existent : vaccination gratuite pour les jeunes, dépistage organisé pour les femmes. Le défi reste celui de la communication et de l’éducation sanitaire.
Quelles solutions pour briser les idées reçues ?
La lutte contre le HPV en Belgique passe par trois axes majeurs : renforcer la couverture vaccinale, améliorer l’information du public et généraliser le dépistage. Les campagnes actuelles peinent à corriger les idées reçues, notamment l’idée que le HPV ne concerne que les femmes ou qu’il est rare. Pourtant, les données montrent que la vaccination est sûre et efficace, et que le dépistage reste essentiel, même pour les personnes vaccinées.

Les autorités sanitaires belges pourraient s’inspirer de stratégies mises en place ailleurs en Europe, comme des campagnes ciblant spécifiquement les jeunes hommes ou des partenariats avec les médias sociaux pour toucher les populations moins sensibilisées. Une approche globale, combinant prévention, éducation et dépistage, serait la clé pour réduire durablement l’impact du HPV en Belgique.
En attendant, les experts rappellent que la prévention individuelle reste la meilleure arme : vaccination précoce, dépistage régulier, et adoption de comportements sexuels sûrs. Pour ceux qui souhaitent en savoir plus ou se faire vacciner, les centres de santé et les maisons médicales restent les premiers interlocuteurs.
Consultez toujours un professionnel de santé pour des conseils personnalisés.