Publié le 22 octobre 2025 à 17h10. Guillermo del Toro livre une adaptation visuellement somptueuse mais étonnamment froide du roman de Mary Shelley, “Frankenstein”, disponible en salles le 24 octobre et sur Netflix le 7 novembre.
- Le réalisateur Guillermo del Toro décrit son adaptation comme un « rêve le plus profond », mais le résultat peine à atteindre les attentes.
- L’histoire se déroule dans l’Arctique, où un équipage danois découvre un homme gelé poursuivi par une créature monstrueuse.
- Le film explore les thèmes de l’obsession, de l’orgueil et des limites de la science, avec des parallèles à l’ère actuelle de l’intelligence artificielle.
L’univers visuel de “Frankenstein” est indéniablement saisissant. Décors, costumes, photographie – tout est méticuleusement conçu, répondant aux attentes des amateurs de films d’horreur et de romantisme gothique. Pourtant, malgré cette perfection technique, le film manque de l’étincelle vitale qui animerait une œuvre véritablement mémorable. Il ressemble davantage à une maquette détaillée qu’à une histoire pleinement réalisée.
L’intrigue se déroule « à l’extrême nord », où un navire danois en expédition polaire se retrouve bloqué dans les glaces. L’équipage découvre alors un homme, affaibli et gelé, traqué par une bête immense et violente (interprétée par Jacob Elordi). « Amène-le-moi ! » hurle la créature, selon le récit du film.
L’histoire alterne entre des scènes d’action intenses, rappelant l’esthétique de “Hellboy” ou “Crimson Peak” (autres œuvres de Del Toro), et des moments plus calmes où le Dr Victor Frankenstein (Oscar Isaac) révèle les origines de la créature et les circonstances de sa propre existence. On assiste également à des flashbacks sur l’enfance de Frankenstein, dépeignant une relation complexe avec une mère aimante et un père médecin à la fois mesquin et taquin. Ces scènes révèlent la naissance d’un esprit brillant, animé par une soif de savoir et une volonté de surpasser son père et de vaincre la mort.
Le film aborde des thèmes universels tels que la responsabilité de donner vie à une création et les dangers de l’ambition démesurée. Ces questions, bien que posées dans un contexte du XIXe siècle, résonnent particulièrement dans notre société actuelle, marquée par les avancées rapides de l’intelligence artificielle. L’adaptation de Del Toro, bien que visuellement impressionnante, semble parfois manquer de la profondeur émotionnelle qui caractérisait la version de 1930 réalisée par James Whale.
Guillermo del Toro, qui considère les monstres comme des symboles de « l’imperfection », défend avec ferveur sa création à travers un discours final empreint de sentimentalisme, frôlant parfois le ridicule. Il réaffirme le message central du roman de Shelley : la vie est précieuse, même dans sa forme la plus monstrueuse. Pourtant, malgré cette déclaration passionnée, le film laisse une impression de froideur et d’absence d’âme.
Le réalisateur a par le passé été confronté à des projets ambitieux qui ont dépassé leur budget et n’ont pas atteint le succès escompté, comme “La Fontaine” (2006), “Silence” (2016) et “Mégalopolis” (2024).
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