Les entreprises spatiales Blue Origin, propriété de Jeff Bezos, et SpaceX, dirigée par Elon Musk, ont annoncé l’annulation de leur venue au Sommet international sur l’espace organisé à Paris, a annoncé le gouvernement français. Quarte sociétés américaines au total ont renoncé à participer à cet événement, les deux autres étant les start-up Stoke Space et Starcloud.
Annulation de la participation de SpaceX et Blue Origin au Sommet spatial à Paris
L’événement doit rassembler des dirigeants mondiaux, des chefs d’État et de gouvernement, des organisations internationales, des scientifiques, des militaires, des astronautes et des dirigeants d’entreprise venus de quelque 120 pays.
Les pressions de la Maison-Blanche et les révélations de Politico
Cette double défection des géants américains intervient après des informations publiées par le média américain Politico, rapportant que la Maison-Blanche poussait les entreprises spatiales à ne pas participer à ce sommet. Selon ce média, qui s’appuie sur trois sources anonymes dont deux liées aux entreprises spatiales et une de la sphère politique, un appel téléphonique a eu lieu entre un service de la Maison-Blanche et plusieurs entreprises, dont SpaceX.
Au cours de cet échange, l’administration américaine décourageait la participation à l’événement parisien en avançant qu’elle « pourrait être perçue comme un soutien tacite aux positions politiques de l’Union européenne ». Un responsable de la Maison-Blanche aurait également reproché à la France de ne pas s’être coordonnée avec les États-Unis, tout en dénonçant des pratiques anticoncurrentielles et en estimant que les ateliers n’avaient pas été pensés pour inclure la perspective américaine.
La réaction du ministère français et la position officielle américaine
Le ministère français de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espacé a estimé qu’« il est difficile de ne pas faire de lien avec les rumeurs de pression dont la presse se fait l’écho ». Dans un message transmis à l’AFP, le ministère a ajouté : Nous voulons évidemment continuer à travailler avec nos partenaires et alliés américains, même si les revirements stratégiques et les pressions politiques rendent parfois la tâche inutilement complexe
.


De son côté, le ministre français Philippe Baptiste a indiqué sur X que les États-Unis sont les bienvenus — et ils sont attendus. #NASA, #NOAA, scientifiques, entreprises et Administration américaine : la porte est grande ouverte
. Il a également précisé travailler en étroite coordination avec Michael Kratsios, le conseiller scientifique du président des États-Unis.
En réponse, un responsable du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche a déclaré : L’administration Trump continue de collaborer avec ses alliés et partenaires dans le domaine spatial. Nous nous réjouissons de conversations productives lors du Sommet spatial sur des priorités essentielles, notamment les missions scientifiques, les programmes d’exploration et la sécurité spatiale
.
Poids stratégique des entreprises absentes
Les entreprises concernées occupent une place majeure dans l’industrie spatiale mondiale :
- SpaceX : Dirigée par Elon Musk, l’entreprise est devenue le premier opérateur mondial de lancements orbitaux grâce à ses fusées Falcon 9, sa constellation de satellites Starlink et son vaisseau Starship.
- Blue Origin : Fondée par Jeff Bezos, l’entreprise développe la fusée lourde New Glenn et travaille pour la NASA sur un module d’alunissage pour le programme Artemis.
- Stoke Space et Starcloud : Deux start-up américaines également concernées par ces annulations de participation.
Malgré ces retraits, le sommet de Paris maintient son objectif de réunir les acteurs internationaux pour discuter des défis liés à l’utilisation de l’espace et des programmes d’exploration.