Des bijoux inestimables, autrefois propriété de Napoléon et de ses épouses, ont été dérobés au musée du Louvre ce dimanche matin, dans un audacieux braquage qui a stupéfié la France. Quatre individus, déguisés en ouvriers, ont pénétré dans l’enceinte du musée avant l’ouverture au public et ont mis la main sur une collection de joyaux historiques.
Selon la préfecture de police de Paris, les voleurs ont utilisé un « monte-charge mobile », une plateforme élévatrice équipée d’une échelle métallique, pour accéder au deuxième étage du musée et s’introduire dans la galerie Apollo. Ils ont ensuite brisé les vitrines contenant les « Joyaux de Napoléon » et les « Joyaux de la couronne de France » à l’aide de meuleuses d’angle, dérobant de nombreux bijoux de grande valeur.
Au moins neuf pièces ont été volées, parmi lesquelles des couronnes, des colliers, des boucles d’oreilles et des broches. Le ministère français de la Culture a publié une liste partielle des objets dérobés, comprenant deux broches, deux diadèmes, deux colliers et deux paires de boucles d’oreilles.
« Le vol commis au Louvre est une atteinte à un patrimoine que nous chérissons car c’est notre histoire », a déclaré le président Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux. « Nous récupérerons les œuvres, et les coupables seront traduits en justice. Tout est fait, partout, pour y parvenir, sous la houlette du parquet de Paris. »
L’opération, qui a duré moins de sept minutes, s’est déroulée vers 9h30. Les malfaiteurs ont pris la fuite à moto après avoir tenté, sans succès, d’incendier le monte-charge utilisé pour l’intrusion. La police a retrouvé sur les lieux deux meuleuses d’angle, un chalumeau, de l’essence, des gants, un talkie-walkie, une couverture et une couronne. Un gilet jaune, potentiellement abandonné par l’un des voleurs, a également été découvert à proximité du Louvre.
Les enquêteurs examinent notamment une vidéo obtenue par BFMTV, qui montrerait l’un des suspects tentant d’accéder à l’intérieur d’un étui à bijoux.
Parmi les pièces volées figurent un diadème de la collection de la reine Marie-Amélie et de la reine Hortense, un collier d’émeraudes et une paire de boucles d’oreilles en émeraude ayant appartenu à Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon, ainsi qu’une broche dite « broche reliquaire » et le grand nœud du corsage de l’impératrice Eugénie.
Le Louvre est resté fermé dimanche « par mesure de sécurité et pour préserver les traces et les preuves nécessaires à l’enquête », selon un communiqué du musée. La direction a pris cette décision en concertation avec la police et le ministère de l’Intérieur.
« Il s’agit d’un crime très audacieux et d’une gifle pour les musées du monde entier », a estimé Christopher Marinello, PDG d’Art Recovery International, soulignant l’importance de la course contre la montre pour récupérer les bijoux avant qu’ils ne soient démantelés ou vendus sur le marché noir.
Nathalie Abbou Vidal, historienne de la joaillerie, a mis en garde contre la possibilité de démanteler ces trésors historiques, soulignant leur valeur inestimable et leur importance culturelle. « Ce ne sont pas de simples objets. Ils font partie de notre patrimoine », a-t-elle affirmé.
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