Trente-quatre femmes à Brême ont reçu un diagnostic erroné de cancer du sein, les privant du traitement nécessaire ou les soumettant à une chimiothérapie inutile. Cette grave erreur soulève des questions sur la fiabilité des analyses pathologiques et la nécessité pour les patientes de demander un deuxième avis.
Certaines patientes ont subi des séances de chimiothérapie alors qu’elles n’en avaient pas besoin, tandis que d’autres, nécessitant un traitement, n’en ont pas reçu. Les conséquences de ces erreurs médicales continuent d’affecter leur santé aujourd’hui.
Face à une telle situation, comment une patiente peut-elle s’assurer que le traitement proposé correspond à son diagnostic ? Susanne Weg-Remers, responsable du service d’information sur le cancer au Centre allemand de recherche sur le cancer, explique les recours possibles.
« En tant que patiente, il est difficile de vérifier si le traitement recommandé est adapté à son diagnostic et aux résultats des analyses pathologiques », explique-t-elle. Il est possible de consulter un médecin indépendant, comme son gynécologue traitant, pour qu’il examine les résultats et le plan de traitement.
Que faire si ce second avis soulève des doutes ? « Dans ce cas, il est important de retourner auprès des médecins traitants pour obtenir des explications supplémentaires sur les résultats et la justification du traitement », conseille Mme Weg-Remers. « La communication est essentielle. Si cela ne suffit pas, un deuxième avis médical est toujours envisageable. »
« Idéalement, il faudrait soumettre les résultats à un autre médecin pour une réévaluation », précise-t-elle. Cependant, la situation à Brême est particulière : les erreurs concernent les analyses pathologiques elles-mêmes. « Si les résultats pathologiques sont incorrects, il devient très difficile de détecter l’erreur, même avec un deuxième avis », souligne-t-elle.
Selon elle, de telles erreurs dans les analyses pathologiques sont rares. « C’est très inhabituel, c’est pourquoi toutes les pathologies sont soumises à un contrôle qualité rigoureux pour garantir l’exactitude des résultats, car ils constituent la base de toutes les décisions thérapeutiques. On doit pouvoir leur faire confiance. »
Dans ce contexte, la question de la confiance se pose. Est-il judicieux de toujours demander un deuxième avis, même en l’absence de suspicion ? « Dans le cas de Brême, un deuxième avis portant spécifiquement sur les résultats pathologiques est nécessaire », répond Mme Weg-Remers. « Cela implique de faire réexaminer les échantillons de tissus par un autre service de pathologie afin de vérifier les conclusions. »
Cette interview a été réalisée par Hendrik Plaß pour Bremen Zwei et rédigée par Lina Brunnée.
