Le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle au Brésil le 4 octobre 2026, devançant le président sortant de gauche Luiz Inácio Lula da Silva. Les deux candidats s’affronteront lors d’un second tour décisif prévu le 25 octobre.
Un premier tour renversant qui bouscule les sondages au Brésil
Contre toute attente, le premier tour du scrutin a pris une tournure inattendue pour le personnel politique traditionnel. Le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva recueille quant à lui 45,12 % des voix d’après Le Soir (ou 45,16 % selon RTL et près de 45 % selon Le Monde et Franceinfo).
À l’approche du scrutin, les enquêtes d’opinion prévoyaient un léger avantage pour Lula ou plaçaient les deux rivaux au coude-à-coude. Une fois de plus, les instituts de sondage ont sous-estimé la force de l’électorat de droite, rappelant la dynamique observée lors de l’élection de 2018. Aucun des deux favoris n’ayant atteint la majorité absolue, la course présidentielle se prolongera dans les urnes le 25 octobre. Quelque 160 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, pour une abstention s’élevant à 21 %, soit pratiquement le même chiffre qu’en 2022, d’après Le Soir.
L’héritage politique et la stratégie d’un candidat sous influence
À 45 ans, le sénateur de l’État de Rio de Janeiro s’est présenté pour la première fois à la magistrature suprême. Il a été désigné candidat par son père, l’ancien chef d’État d’extrême droite Jair Bolsonaro, actuellement assigné à résidence après sa condamnation à 27 ans de prison pour une tentative de coup d’État survenue en 2022 contre Lula.
Durant la campagne, le candidat du Parti libéral a cultivé une image contrastée. S’il a axé sa communication sur une forte répression de la criminalité et sur une rigueur budgétaire, il s’est également attaché à se présenter comme une version plus tempérée de son père. Malgré des poursuites et des enquêtes le ciblant pour des affaires financières — notamment une enquête pour corruption et blanchiment d’argent sur le financement d’un film à la gloire de son géniteur, selon Le Monde et Le Soir —, sa base électorale est restée fidèle, voyant en lui le moyen d’obtenir un changement radical. Dans les rues, à l’instar d’Anderson de Almeida, concierge de 45 ans à Sao Paulo interrogé par l’AFP, certains jugent au contraire que « Flavio est un danger pour le Brésil, c’est un recul », estimant que son père « a vraiment détruit le Brésil ».

Je suis très satisfait (…) et très heureux à l’idée que le Brésil puisse dans trois semaines donner une réponse définitive.
Flavio Bolsonaro, candidat du Parti libéral
La réaction de Lula et les enjeux d’une campagne en prolongation
De son côté, le chef de l’État sortant a qualifié les résultats d’inattendus tout en affichant sa détermination pour la suite de la compétition. À bientôt 80 ans, le dirigeant de gauche brigue un quatrième mandat non consécutif, fort de ses programmes sociaux historiques, mais confronté à l’usure du pouvoir, à la cherté de la vie et à une insécurité persistante.
Le match va commencer. Nous sommes dans les prolongations, et c’est là que nous allons convaincre le peuple brésilien.
Luiz Inacio Lula da Silva, président sortant
Le climat politique reste également marqué par des tensions géographiques et internationales. Les questions de sécurité publique, gérées en grande partie par les gouverneurs des États fédérés face à l’emprise de réseaux criminels, ont pesé lourdement sur les débats. En parallèle, l’influence de la Maison-Blanche et les récentes sanctions économiques et droits de douane décidés par les États-Unis sous l’administration de Donald Trump depuis le procès de 2025 contre Jair Bolsonaro ont rythmé les discours axés sur la souveraineté nationale, le président américain ayant affirmé suivre l’élection de très près après des victoires alliées en Argentine, en Colombie et au Pérou.
Les dynamiques du second tour et le basculement du Parlement
Pour le scrutin du 25 octobre, le sénateur conservateur aborde la compétition avec un potentiel avantage numérique, susceptible de récupérer les suffrages de la droite éliminée au premier tour. Les élections législatives ont par ailleurs dessiné un paysage parlementaire largement dominé par les conservateurs, notamment au Sénat où des figures proches de la famille Bolsonaro, telles que l’ex-première dame Michelle Bolsonaro et Carlos Bolsonaro, frère de Flavio, ont remporté des victoires nettes, d’après Le Soir.
Une victoire finale de l’opposition offrirait une majorité robuste aux partisans de l’ancien président, ouvrant potentiellement la voie à des textes législatifs majeurs, dont une loi d’amnistie en faveur de Jair Bolsonaro.
