Le retrait des bombardiers américains de la base de Fairford
Les États-Unis ont annoncé dimanche le retrait de leurs bombardiers de la base militaire britannique de Fairford, selon les informations publiées par Le Monde. Le Pentagone a indiqué dans un communiqué que l’ensemble des appareils déployés sur cette installation de la Royal Air Force, située dans le sud-ouest de l’Angleterre, avaient été redéployés vers leurs bases d’origine aux États-Unis.
Cette décision intervient à la suite d’un incident survenu fin septembre près de la base aérienne, qui avait conduit à l’arrestation de plusieurs suspects et à l’ouverture d’une enquête antiterroriste complexe. L’armée américaine avait notamment stationné sur place des bombardiers stratégiques supersoniques B-1 Lancer, reconnus pour leur long rayon d’action et leur importante capacité de transport de munitions.
L’incident des véhicules suspects et les interpellations
Les faits remontent au 27 septembre, lorsqu’un appel d’urgence a signalé trois véhicules suspects à proximité de la base de Fairford (Le Monde). La police a rapidement établi un vaste périmètre de sécurité et évacué des dizaines de foyers aux alentours de cette infrastructure utilisée par Washington pour des opérations qualifiées de défensives dans le cadre de son conflit avec l’Iran (Le Monde). Si les fouilles n’ont pas permis de découvrir d’engins explosifs à l’intérieur des véhicules, les forces de l’ordre y ont trouvé de l’essence en grande quantité.

Au total, six hommes âgés de 23 à 25 ans ont été arrêtés dans le cadre de cette enquête pour des soupçons de préparation d’un acte terroriste. Cinq ressortissants britanniques ont d’abord été interpellés sur place avant d’être libérés sous caution, suivis par l’arrestation ultérieure d’un suspect britis-irano-britannique à Londres, qui a également été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Cette remise en liberté a suscité des réactions contrastées, le président américain Donald Trump ayant exprimé son désaccord sur cette décision judiciaire.
Soupçons d’implication étatique et démentis de Téhéran
L’enquête antiterroriste, qualifiée d’immensément complexe par la coordinatrice Vicki Evans, examine toutes les pistes, y compris celle de l’implication d’un État étranger. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré qu’il existait des indications claires pointant vers un rôle de l’Iran dans cet événement, une position également relayée par le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio qui a évoqué un acteur étranger (Le Monde).
De son côté, Téhéran a catégoriquement nié toute implication dans l’incident, le ministre iranien des Affaires étrangères estimant que les autorités britanniques faisaient fausse route.
Un rôle historique pour la base de Fairford
Implantée à l’ouest de Londres, la base aérienne de Fairford constitue un point d’appui stratégique de longue date pour l’aviation américaine. Utilisée depuis la période de la guerre froide, elle a notamment servi de plateforme opérationnelle lors de la guerre du Golfe au début des années 1990 ainsi que lors du conflit en Irak en 2003. Depuis le mois de mars, le site accueillait à nouveau des bombardiers dans le contexte des opérations menées par les États-Unis contre l’Iran.
