Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à travers l’Espagne pour exiger des mesures de protection des locataires, au lendemain du rejet par le Parlement de deux décrets gouvernementaux sur le logement, après l’expulsion à Madrid d’une femme de 87 ans, Maricarmen Abascal.
Une porte-parole du syndicat des locataires de Valence a déclaré qu’il y avait beaucoup de colère dans les rues. Les protestataires réclament des actions concrètes pour enrayer l’inflation des loyers et l’insécurité locative.
Le Parlement rejette deux décrets face à la fronde
Le Parlement espagnol a rejeté deux décrets d’urgence présentés par la coalition gouvernementale de gauche menée par le Premier ministre Pedro Sánchez lors du vote du 2 octobre 2026 à la chambre basse. Le premier texte a été rejeté par 178 voix contre 172, tandis que le second a échoué par 184 voix contre 166, d’après les chiffres officiels du scrutin.
Le premier décret prévoyait la suspension des expulsions de locataires vulnérables jusqu’en 2030, une prolongation de deux ans pour les baux arrivant à expiration avant 2028, une hausse de la fiscalité sur les meublés touristiques ainsi qu’une restriction des acquisitions par les fonds d’investissement. Le second décret proposait le renouvellement automatique des contrats de location.

Miriam Nogueras, du parti Junts, a soutenu que ces décrets amèneraient seulement les propriétaires à retirer leurs biens du marché locatif et feraient ainsi grimper encore plus les prix, affirmant que s’ils voulaient réellement protéger les citoyens, maîtriser les fonds vautours et réactiver le logement, ils l’auraient déjà fait.
Le dirigeant de la droite, Alberto Núñez Feijóo, a publiquement demandé au chef du gouvernement de convoquer des élections générales anticipées dès que possible, rappelant que l’exécutif ne disposait plus du soutien nécessaire.
Maricarmen Abascal expulsée de son appartement à Madrid
Le 23 septembre 2026, Maricarmen Abascal, une retraitée de 87 ans qui se déplace en fauteuil roulant, a été expulsée par la force de son appartement du quartier de Retiro à Madrid où elle vivait depuis plus de soixante-dix ans.
L’appartement avait été acquis en 2018 par un fonds d’investissement, Urbagestión. La ministre du Logement Isabel Rodriguez a par ailleurs cité Urbagestión lors d’une conférence de presse comme l’exemple typique de ces sociétés de spéculation que le gouvernement cherchait à encadrer.
« On n’est pas là par plaisir ou par confort. On est là par conviction. »
David, manifestant à Madrid, cité par la BBC
Des manifestants campent sur la place de la Puerta del Sol
À Madrid, des centaines de personnes occupent depuis plus d’une semaine la place de la Puerta del Sol, élevant des tentes et brandissant des clés à tour de bras.
Finance indique que le prix moyen au mètre carré est passé de 8,20 euros à 15,10 euros cette année. Par ailleurs, Yahoo! Finance note que les loyers ont augmenté de 8,5 % en 2025.
Marcos Sainz, un bibliothécaire de 26 ans interrogé à Madrid, résume le sentiment partagé par de nombreux jeunes actifs :
« Je manifestons contre les hausses de loyer jusqu’à ce que quelqu’un ose tout réguler, sinon nous devrons tous quitter Madrid. »
Marcos Sainz, bibliothécaire, cité par l’agence AFP