Home MondeBrigitte Bardot sera inhumée le 7 janvier au cimetière de Saint-Tropez

Brigitte Bardot sera inhumée le 7 janvier au cimetière de Saint-Tropez

by Clara Dubois

L’icône du cinéma français Brigitte Bardot est décédée dimanche à l’âge de 91 ans, laissant derrière elle une carrière légendaire et un héritage controversé. De son statut de star de la Nouvelle Vague à son engagement tardif dans la défense des animaux, en passant par ses prises de position politiques radicales, Bardot a marqué son époque.

Si elle a connu la gloire dès le début de la vingtaine grâce au film « Et Dieu créa la femme » en 1956, et a cumulé une cinquantaine de rôles au cinéma, Bardot a choisi de s’éloigner des plateaux de tournage en 1973 pour se consacrer à la cause animale. Elle avait exprimé le souhait d’être inhumée dans son jardin, auprès de ses animaux, avec une simple croix de bois, une volonté qui pourrait ne pas être respectée, la mairie de Saint-Tropez prévoyant un enterrement au cimetière balnéaire de la ville.

Sa fondation a annoncé que les funérailles auront lieu le 7 janvier. Bardot avait confié en 2018 au journal Le Monde : « Je préfère être là-bas plutôt qu’au cimetière de Saint-Tropez, où une foule d’idiots risque de détruire les tombes de mes parents et de mes grands-parents. »

Au-delà de son talent d’actrice, Bardot a suscité la controverse dans ses dernières années en raison de ses opinions anti-immigration et de son rapprochement avec l’extrême droite. Elle a été condamnée à cinq reprises pour propos haineux, notamment envers les musulmans et les habitants de l’île de la Réunion, qu’elle avait qualifiés de « sauvages ».

Elle s’était illustrée comme une fervente supportrice de Marine Le Pen, la qualifiant de « Jeanne d’Arc » moderne et espérant qu’elle pourrait « sauver » la France. L’actrice avait publiquement soutenu la candidate du Rassemblement national lors des élections présidentielles de 2012 et 2017.

L’annonce de son décès a suscité des réactions contrastées. Le président Emmanuel Macron a salué une « légende » du cinéma du XXe siècle, incarnant une « vie de liberté ». Marine Le Pen a, quant à elle, déclaré qu’elle était « incroyablement française : libre, indomptable, entière ».

Des hommages plus mesurés ont été rendus par la gauche. Olivier Faure, chef du parti socialiste, a estimé que des adieux nationaux comme ceux organisés pour Johnny Hallyday en 2018 ne seraient pas appropriés, soulignant que de tels honneurs sont réservés à ceux qui ont rendu « des services exceptionnels à la nation ». Il a reconnu le talent de Bardot dans la Nouvelle Vague, mais a rappelé qu’elle avait « tourné le dos aux valeurs républicaines » et été condamnée pour racisme.

Fabien Roussel, chef du parti communiste, a souligné que l’ensemble du cinéma français pouvait s’accorder sur le fait qu’il « brille dans le monde entier ». Sandrine Rousseau, députée écologiste, a cependant exprimé un point de vue plus critique, interrogeant sur le contraste entre l’engagement de Bardot pour la protection des dauphins et son indifférence face à la mort des migrants en Méditerranée.

Née le 28 septembre 1934 à Paris, dans une famille catholique aisée, Bardot a eu un enfant, Nicolas-Jacques Charrier, avec son deuxième mari, l’acteur Jacques Charrier. Elle a été mariée à quatre reprises. Son engagement pour la défense des animaux serait né d’une rencontre fortuite avec une chèvre sur le tournage de son dernier film, « L’histoire édifiante et joyeuse de Colinot ». Elle avait alors acheté l’animal pour le sauver et l’avait gardé dans sa chambre d’hôtel. « Cela m’a donné la renommée, et cette renommée me permet de protéger les animaux – la seule cause qui compte vraiment pour moi », avait-elle déclaré.

Selon Bruno Jacquelin, représentant de sa fondation pour animaux, Bardot est décédée paisiblement dimanche matin, en présence de son quatrième mari, Bernard d’Ormale, ancien conseiller d’extrême droite. « Elle lui a murmuré un mot d’amour… et elle est partie », a-t-il témoigné à la chaîne BFM.

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