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McFly et Busted : La Rivalité Pop-Rock se Ravive sur Scène
Il y a dix ans, McFly et Busted partageaient l’affiche sous le nom improbable de McBust, une union qui s’est traduite par deux tournées dans des arènes et un album. Aujourd’hui, les deux groupes se retrouvent en tant que rivaux pop-rock, une « rivalité » alimentée par leurs origines communes – tous deux gérés par la même société, McFly ayant émergé trois ans après Busted en 2003. Cette tension est mise en scène dès l’ouverture du spectacle, avec une vidéo inspirée de Roméo + Juliette de Baz Luhrmann, les présentant comme des « groupes maudits » vivant dans une « Fair Britannia » moderne. Les fans de la génération Y, divisés en camps opposés, arborent fièrement leurs t-shirts d’équipe, avec une certaine nervosité palpable.
McFly débute avec une énergie surprenante, ancrant ses références rock avec son album de 2023, Where Do All the Guitars Go?, et une diatribe embarrassante sur la « vraie musique » face à la « cochonnerie » à la radio. Malgré quelques faux pas dans leur set de douze chansons – « Red » sonne comme une version Kidz Bop de U2, et « Happiness » se classe dans la catégorie des « cochonneries » mentionnées – ils offrent également quelques titres percutants (« Obviously, All About You », un morceau taillé pour la radio) et une variété musicale suffisante pour satisfaire même les fans les plus exigeants.
Vers la fin de leur set, les visuels colorés de McFly se pixélisent et se fragmentent, laissant place à l’iconographie punk adolescente d’un Busted épuisé, réduit à un duo suite au retrait de James Bourne de la tournée pour raisons de santé. L’absence de Bourne se fait immédiatement sentir alors que Charlie Simpson et Matt Willis s’efforcent de donner du sérieux aux hymnes adolescents tels que « Dawson’s Geek », « Britney » et « What I Go to School For ». Un moment poignant est dédié à Bourne avec « Beautiful Sleep With the Lights On », tout comme une interprétation étonnamment énergique de « Thunderbirds Are Go », livrée par Simpson avec une intensité surprenante.
Après plus de 90 minutes de spectacle, les deux groupes commencent à se rapprocher. Willis et le bassiste de McFly, Dougie Poynter, échangent des insultes depuis les passerelles opposées (Willis suggère que Poynter sent le fromage et a l’herpès), avant que les Simpson et Danny Jones, plus sensibles, ne se retrouvent sur « 3am » et « Not Alone ». Ce n’est que lors du rappel que les groupes fusionnent véritablement, interprétant « Shine a Light » et « Year 3000 » avec une énergie contagieuse, qui manquait par moments auparavant.
Dans cette bataille de boybands transformés en groupes de rock, la victoire, bien que chèrement acquise, revient à un McFly encore intact.
Tournée jusqu’au 8 novembre.