Une enquête sanitaire est en cours à l’école Victor-Hugo de Cambremer suite à une contamination au Campylobacter. Après plusieurs hospitalisations d’élèves les 23 et 24 mai, les autorités ont confirmé une toxi-infection alimentaire collective, touchant potentiellement plus de trente enfants, dont sept cas officiellement identifiés par des tests.
Un diagnostic qui évolue : de l’hypothèse virale au Campylobacter
La gestion de la crise sanitaire à Cambremer a été marquée par un changement de trajectoire scientifique majeur. Initialement, face à la dispersion des cas et à la diversité des symptômes observés, l’Agence régionale de santé (ARS) privilégiait une origine virale. Cette première évaluation, prise le 28 mai, visait à limiter la propagation d’un hypothétique virus au sein de l’établissement scolaire.
Cependant, l’analyse approfondie des prélèvements a rapidement renversé cette conclusion. Selon les informations rapportées par la presse locale, la confirmation d’une contamination bactérienne au campylobacter a conduit l’ARS à revoir totalement son diagnostic. Ce revirement a entraîné le déclenchement immédiat d’une procédure officielle de toxi-infection alimentaire collective (TIAC).
Chronologie d’une crise sanitaire à Cambremer
L’épisode a débuté par une série d’événements qui se sont étalés sur plus d’une semaine, compliquant la tâche des autorités sanitaires. Pour identifier la source de l’infection, les services de santé ont dû remonter jusqu’aux repas servis à la cantine de l’école Victor-Hugo.

- Semaine du 18 mai : Période des repas dont les menus ont été soumis à analyse.
- Week-end des 23 et 24 mai : Signalement de plusieurs hospitalisations d’élèves présentant des troubles digestifs.
- 27 mai : Transmission des menus à l’ARS et envoi de questionnaires aux familles pour recenser les symptômes.
- 28 mai : Confirmation de la contamination bactérienne par le Campylobacter.
- 29 mai : Contrôle sanitaire de la cuisine par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP).
- 31 mai : Communication officielle de la mairie de Cambremer sur la situation.
Bien que l’enquête soit toujours active, le bilan humain est significatif. Si l’on compte plus d’une trentaine d’élèves auraient été touchés, seuls sept cas ont été formellement confirmés par des tests bactériologiques à ce jour.
Mesures d’urgence et maintien de l’activité de la cantine
Malgré la gravité de la situation, la municipalité a pris la décision de maintenir l’ouverture de la cantine scolaire. Cette mesure s’accompagne toutefois d’un renforcement strict des protocoles d’hygiène. Parallèlement à l’inspection de la DDPP vendredi dernier, la désinfection des sanitaires et de l’ensemble des locaux fréquentés par les élèves a été intensifiée pour prévenir toute nouvelle contamination.

Réponse de la municipalité et tensions locales
La gestion de cette crise ne se limite pas au volet médical ; elle est également devenue un enjeu de communication politique. Certains parents d’élèves ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils ont perçu comme un manque de transparence de la part des autorités locales. En réponse, la municipalité a affirmé, via ses canaux de communication, que la mairie de Cambremer a pris ce dossier avec le plus grand sérieux depuis le début de l’épisode.
Cette tension a également alimenté des rumeurs au sein de la commune. Une boulangerie locale a dû intervenir pour démentir des allégations circulant sur les réseaux sociaux concernant une possible implication de l’établissement. Les gestionnaires de la boulangerie, Marion van den Bos et Ivan Ramoa, ont formellement rejeté ces spéculations après que des observations de présence de la gérante à la mairie ont été interprétées de manière erronée par certains habitants.
L’issue de l’enquête dépend désormais des résultats définitifs des analyses de menus et des conclusions complètes de la DDPP. La municipalité s’est engagée à tenir les familles informées de toute nouvelle évolution officielle.