Le commerce entre la Chine et l’Union européenne (UE) est au cœur d’une tension croissante, alimentée par un déficit de 360 milliards d’euros (410 milliards de dollars) l’an dernier et une demande exponentielle de climatisateurs chinois en Europe. Les responsables chinois affirment que cette dynamique est le fruit de la demande du marché et des avantages complémentaires entre les deux parties, tandis que l’UE insiste sur la nécessité de rééquilibrer les échanges.
Le paradoxe du climatiseur
Le défi de l’été 2026 a exacerbé les tensions commerciales. Une vague de chaleur historique a poussé les Européens à acheter des climatisateurs chinois, surtout des modèles de Midea, Haier et Gree. Midea rapporte avoir dépassé 200 000 commandes de son modèle PortaSplit en 2026, double par rapport à 2025. « Les produits qui répondent aux besoins et offrent une bonne qualité à un prix compétitif trouveront naturellement leur marché », a affirmé la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, lors d’une conférence de presse le 6 juillet 2026.


Cette situation reflète un paradoxe : l’UE souhaite réduire son déficit commercial avec la Chine, mais ses consommateurs privilégient des produits chinois pour leur prix et leur efficacité. « Il n’y a pas de commerce forcé ; c’est un choix mutuel », a ajouté Mao Ning, en soulignant que les deux parties tirent profit de ces échanges. Cependant, l’Union européenne, qui importe presque 100 % de ses terres rares de Chine, accuse Pékin de manipuler ses chaînes d’approvisionnement.
« Le sentiment d’urgence face à la menace chinoise pour l’industrie européenne a atteint un point de bascule », a déclaré Gabriel Wildau, directeur général chez Teneo, en référence aux contrôles des exportations de terres rares et de magnétites permanentes. « Il n’y a aucun signe d’actions politiques suffisantes pour réduire le surplus commercial avec l’Europe », a-t-il noté.
Les enjeux géopolitiques des terres rares
Depuis avril 2025, la Chine impose des contrôles sur les exportations de terres rares, une ressource cruciale pour l’énergie verte et l’industrie automobile électrique. « Les terres rares ne sont pas des minéraux exotiques, mais la base de la transition énergétique », a souligné le Parlement européen dans une résolution adoptée avec 523 voix pour, affirmant que la Chine est en train de « weaponizing » ses chaînes d’approvisionnement.

Le taux d’approbation des demandes d’exportation de terres rares vers l’UE est d’environ 13 %, selon les données de la Commission européenne. Bien que les contrôles aient été suspendus pendant un an après l’accord US-Chine de 2025, la dépendance stratégique reste entière.
« Nous devons obtenir des résultats concrets d’ici octobre », a déclaré Maros Sefcovic, responsable des échanges commerciaux de l’UE, lors d’une réunion avec le ministre chinois du Commerce Wang Wentao en juin 2026.
Les réponses chinoises et les attentes européennes
Le ministère chinois du Commerce a annoncé des négociations commerciales ministérielles une à deux fois par an, avec une visite prévue de Sefcovic en automne. « Nous espérons que les décideurs européens adopteront une vision objective des relations commerciales sino-européennes, abandonneront l’esprit de zéro-sum et travailleront ensemble pour agrandir le gâteau des bénéfices mutuels », a déclaré le porte-parole He Yadong.

Cependant, les Européens restent inquiets. Le déficit commercial a atteint 98 milliards d’euros au premier trimestre 2026. « C’est une inversion des décennies passées et cela est inquiétant pour les industries européennes », a souligné Denis Depoux, directeur général mondial chez Roland Berger. La Chine, quant à elle, affirme que ses contrôles sont une pratique standard utilisée par d’autres pays.
L’UE prévoit d’accélérer la mise en œuvre de la réglementation sur les matières premières critiques et de promouvoir des stratégies de diversification, avec des projets miniers en Australie, au Canada et en Afrique.
Le conflit entre la Chine et l’UE illustre une tension plus large : la dépendance économique face aux enjeux géopolitiques. Alors que l’été 2026 a mis en lumière cette dépendance, les prochaines semaines seront déterminantes pour les négociations commerciales et la sécurité énergétique.
L’UE prévoit d’accélérer la mise en œuvre de la réglementation sur les matières premières critiques et de promouvoir des stratégies de diversification, avec des projets miniers en Australie, au Canada et en Afrique.
Le conflit entre la Chine et l’UE illustre une tension plus large : la dépendance économique face aux enjeux géopolitiques.
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