Publié le 14 janvier 2026 à 23:01:00. Une étude récente révèle une augmentation de la consommation de cannabis chez les jeunes adultes, notamment pour soulager les douleurs chroniques liées à des affections telles que la polyarthrite rhumatoïde et les spondylarthrites, mais aussi une association avec des comportements à risque.
- Plus de 75 % des personnes interrogées souffraient de douleurs chroniques, et les utilisateurs de cannabis rapportaient un niveau de douleur plus élevé que les non-utilisateurs.
- Les hommes plus jeunes et ceux atteints de spondylarthrite sont plus susceptibles de consommer du cannabis.
- Bien que l’intérêt pour l’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques soit élevé (62 % des participants), la majorité des consommateurs n’ont pas consulté un médecin à ce sujet.
Une enquête menée par Filippo Fagni, de l’hôpital universitaire d’Erlangen, a mis en lumière une tendance croissante à l’utilisation du cannabis, non seulement pour ses effets récréatifs, mais aussi comme moyen de gérer la douleur chronique. L’étude, portant sur 651 personnes, a révélé que le cannabis est perçu comme un potentiel soulagement pour des affections variées, allant de la polyarthrite rhumatoïde aux maladies inflammatoires de la colonne vertébrale, connues sous le nom de spondylarthrites, en passant par les maladies du tissu conjonctif.
Les résultats indiquent que les hommes plus jeunes et les personnes souffrant de spondylarthrite sont particulièrement enclins à consommer du cannabis. Cette prédisposition pourrait être liée à l’intensité de la douleur ressentie. L’étude souligne également une corrélation entre la consommation active de cannabis et l’utilisation d’autres analgésiques, tels que le paracétamol, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), le métamizole et même les opioïdes. De plus, les consommateurs de cannabis étaient plus susceptibles d’adopter des comportements à risque, notamment la consommation de tabac et d’autres drogues illégales.
L’étude précise que 53,9 % des répondants consommaient du cannabis uniquement à des fins récréatives, tandis que 28,4 % l’utilisaient exclusivement à des fins médicales. Un pourcentage de 17,6 % combinait les deux motivations. Malgré un intérêt général pour l’utilisation du cannabis contre la douleur (62 % des participants y sont favorables, un chiffre similaire chez les 127 médecins interrogés), seulement 17 % des utilisateurs avaient obtenu une ordonnance pour la polyarthrite rhumatoïde ou d’autres maladies. Un fait frappant est que près de 97 % des consommateurs n’avaient pas sollicité l’avis d’un professionnel de santé à ce sujet.
L’étude met en évidence un paradoxe : un intérêt croissant pour le cannabis médical et ses potentiels bénéfices, mais un manque d’encadrement médical et une tendance à l’automédication. Elle soulève des questions importantes sur la nécessité d’une meilleure information et d’un accompagnement médical adapté pour les patients envisageant d’utiliser le cannabis à des fins thérapeutiques.
Pour en savoir plus sur la polyarthrite rhumatoïde, vous pouvez consulter le site de l’Assurance Maladie.
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