Publié le 3 janvier 2026 à 08h57. Une invasion extraterrestre, un jeu télévisé intergalactique impitoyable et un chat persan à l’ego surdimensionné : l’univers déjanté de Carl le Donjon, phénomène littéraire en auto-édition, s’apprête à conquérir le public francophone grâce à Nova Editorial.
- Le premier tome, Carl le Donjon, et son successeur, Le Jugement Final de Carl, sont désormais disponibles en français.
- Nova Editorial prévoit de publier l’intégralité de la saga, composée de sept à huit livres, en espagnol.
- Une adaptation télévisée est en développement par Universal International Studios et Fuzzy Door (Family Guy, American Dad!, Ted).
C’est un pari audacieux qui semble déjà gagné. La série littéraire Carl le Donjon, née de l’auto-édition et signée Matt Dinniman, a conquis un large public anglophone et s’apprête à séduire les lecteurs francophones grâce à Nova Editorial. Loin des récits épiques et des réflexions philosophiques, cette saga se veut avant tout divertissante, surprenante et pleine d’humour.
L’histoire débute avec Carl, un jeune homme qui échappe miraculeusement à une invasion extraterrestre. Il se retrouve alors catapulté dans le Donjon, un jeu télévisé intergalactique où la Terre est devenue l’arène d’une lutte sans merci pour la survie. Les participants doivent gravir des niveaux, survivre à des épreuves mortelles et affronter des adversaires redoutables pour revendiquer la propriété de la planète.
Carl n’est pas seul dans cette aventure. Il est accompagné de la Princesse Donut, un chat persan au caractère bien trempé et à l’ego démesuré. Leur relation, faite de sarcasmes, de loyauté et de surprises, est au cœur de l’histoire. Leur complicité improbable est l’un des principaux atouts de la saga.
Matt Dinniman, auteur, musicien et designer, ne cache pas ses influences. Carl le Donjon est un véritable cocktail explosif de références à des jeux de rôle tels que Donjons et Dragons, Baldur’s Gate et Elden Ring, à l’univers isekai japonais – où un protagoniste est transporté dans un monde fantastique qui fonctionne souvent comme un jeu vidéo – et à des œuvres post-apocalyptiques comme Les Jeux de la Faim. La couverture du premier tome témoigne de cet univers visuel riche et original.
Mais Carl le Donjon ne se contente pas de pasticher ses sources d’inspiration. La série se distingue par son humour noir, son ton irrévérencieux et son IA, véritable maîtresse de cérémonie du Donjon. Cette intelligence artificielle, sadique et métacommentatrice, dicte les règles du jeu, modifie les sanctions et interrompt l’action avec des annonces publicitaires, ajoutant une touche de folie et d’absurdité à l’ensemble.
Le Jugement Final de Carl, le deuxième tome, reprend l’histoire là où le premier s’était arrêtée. L’auteur ne cherche pas à se réinventer, mais à approfondir l’univers et à développer les thèmes abordés dans le premier livre. L’action est plus intense, les créatures plus nombreuses et les pièges plus retors. La couverture du second tome illustre cette escalade de l’intensité.
La relation entre Carl et Donut évolue également, se renforçant et se complexifiant. Dinniman parvient à maintenir un équilibre subtil entre humour et émotion, faisant de ce duo le véritable moteur de l’histoire. La saga fonctionne parce que Carl et Donut fonctionnent ensemble.
Récitée à la première personne, la série se caractérise par une prose fonctionnelle et directe, qui privilégie l’action et le divertissement. Les chapitres courts et rythmés maintiennent l’attention du lecteur, tandis que la traduction et la localisation par David Tejera Expósito conservent le ton et l’irrévérence de l’original.
Avec ses deux premiers tomes, Carl le Donjon confirme son statut de phénomène littéraire. Rythme effréné, action, humour noir et une pointe de folie : Dinniman ne cherche pas à transcender, il veut divertir. Et il y parvient brillamment. La fin du monde, selon lui, sera bel et bien télévisée.