Home MondeCarney survit à deux votes de confiance sur le budget, dissipant ainsi les craintes d’élections d’hiver | Canada

Carney survit à deux votes de confiance sur le budget, dissipant ainsi les craintes d’élections d’hiver | Canada

by Clara Dubois

Publié le 8 novembre 2025 à 23h32. Le gouvernement minoritaire du premier ministre canadien Mark Carney a franchi un cap crucial en adoptant son budget, évitant ainsi, pour l’instant, des élections anticipées. Cette adoption a été rendue possible grâce à un vote inattendu de certains députés conservateurs, révélant des fissures au sein de l’opposition.

  • Le budget prévoit des dépenses massives pour atténuer l’impact des tarifs douaniers américains et stimuler l’économie canadienne.
  • Deux votes de confiance ont été remportés, mais le soutien du gouvernement reste fragile et dépend de l’appui de députés d’autres partis.
  • Des défections et des démissions au sein du Parti conservateur ont contribué à l’adoption du budget, soulevant des questions sur le leadership de Pierre Poilievre.

Le gouvernement libéral de Mark Carney a réussi à surmonter un obstacle majeur en obtenant l’approbation de son budget fédéral, un plan ambitieux visant à contrer les effets néfastes d’une guerre commerciale avec les États-Unis et à relancer une économie nationale en ralentissement. L’adoption de ce budget, qui prévoit un déficit accru, a été rendue possible grâce à un revirement surprenant de certains députés conservateurs, mettant en évidence les tensions internes au sein de l’opposition.

François-Philippe Champagne, le ministre des Finances, avait présenté mardi ce budget conséquent, reconnaissant que les tensions commerciales avec les États-Unis et un affaiblissement de l’économie canadienne nécessitaient des mesures exceptionnelles. Il a souligné l’urgence de la situation, déclarant aux parlementaires :

« Le niveau d’incertitude est plus élevé que ce que nous avons vu et ressenti depuis des générations. Une action audacieuse et rapide est nécessaire. »

François-Philippe Champagne, ministre des Finances

Le budget prévoit des investissements massifs, qualifiés d’« investissements générationnels », destinés à remodeler l’économie canadienne. Initialement, le déficit fédéral était estimé à 42,2 milliards de dollars canadiens (environ 30 milliards d’euros) pour 2025-2026. Cependant, le plan libéral entraînera un déficit de 78,3 milliards de dollars canadiens (environ 56 milliards d’euros) pour la même période, avec l’objectif de le ramener à 56,6 milliards de dollars canadiens (environ 40,5 milliards d’euros) d’ici 2029-2030.

La situation politique était tendue avant le vote budgétaire. Mark Carney, qui ne disposait que de 169 sièges à la Chambre des communes – trois de moins que la majorité absolue – était confronté à la possibilité de déclencher des élections anticipées. Steven MacKinnon, le leader du gouvernement à la Chambre, avait averti que le pays risquait de se retrouver en campagne électorale pendant la période de Noël si le budget n’était pas adopté.

Le tournant décisif est venu avec le vote de Chris d’Entremont, un député conservateur de la Nouvelle-Écosse, qui a choisi de soutenir le gouvernement libéral. Il a justifié sa décision en partie par un désaccord avec le style de leadership de Pierre Poilievre, le chef conservateur, laissant entendre que d’autres députés conservateurs partageaient ses préoccupations.

« Il y a eu des discussions et des frustrations au sein du caucus conservateur. »

Chris d’Entremont, député conservateur

La situation a été encore compliquée par la démission surprise de Matt Jeneroux, un député conservateur d’Edmonton, qui a invoqué des raisons familiales. Cette démission, survenue sept mois seulement après sa réélection, a alimenté les spéculations sur une éventuelle expulsion du caucus conservateur suite à des contacts avec Mark Carney. Mark Gerretsen, le whip du gouvernement, a déclaré que cette démission n’était « certainement pas une coïncidence », suggérant que des députés progressistes-conservateurs « abandonnent » le parti.

Mark Carney a adopté une approche plus pragmatique et ouverte au dialogue, affirmant qu’il était prêt à discuter avec tous ceux qui pourraient soutenir ses objectifs législatifs. Lori Turnbull, directrice de l’école d’administration publique de l’Université Dalhousie, a souligné que Carney, en se concentrant sur l’économie et la responsabilité budgétaire, avait réussi à attirer des conservateurs modérés :

« Ils ont beaucoup en commun avec Carney. »

Lori Turnbull, directrice de l’école d’administration publique de l’Université Dalhousie

Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si le gouvernement libéral pourra maintenir son fragile équilibre et mettre en œuvre son programme économique. Les rumeurs de mécontentement au sein du caucus conservateur persistent, et les libéraux pourraient tenter de courtiser d’autres députés conservateurs mécontents.

You may also like

Leave a Comment