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“Ce n’est pas dans nos gènes d’abandonner” : Veljko Paunovic sur l’entraînement de la Serbie et comment l’Angleterre l’a changé | Serbie

by Camille Renault

Publié le 13 novembre 2025 à 12h12. Veljko Paunovic, nouveau sélectionneur de la Serbie, aborde un défi de taille : qualifier son équipe pour la Coupe du Monde 2026, avec un héritage familial et une urgence sportive qui le poussent à mobiliser ses joueurs pour un match crucial face à l’Angleterre.

  • Veljko Paunovic a été nommé sélectionneur de la Serbie il y a trois semaines, après un passage remarqué au Real Oviedo.
  • Le premier match de Paunovic à la tête de la Serbie se déroulera à Wembley contre l’Angleterre, un adversaire redoutable qui a récemment infligé une lourde défaite (5-0) aux Serbes à Belgrade.
  • L’histoire familiale de Paunovic, marquée par les souvenirs de son père, ancien international yougoslave, est une source de motivation importante pour relever ce défi.

Veljko Paunovic, les mains esquissant des cercles dans l’air, confie ressentir une impression de boucle qui se referme. Arrivé récemment à la tête de la sélection serbe, il se prépare à affronter l’Angleterre à Wembley, un match qui résonne avec l’histoire de son père, Blagoje Paunovic, ancien défenseur de la Yougoslavie. « J’ai tendance à fermer les cercles, et cela pourrait en être un autre », explique-t-il.

Blagoje Paunovic a souvent évoqué trois rencontres marquantes de sa carrière : les adieux de Pelé au Maracanã en 1971, la finale du Championnat d’Europe 1968 contre l’Italie, et surtout, la victoire de la Yougoslavie face à l’Angleterre à Florence, un match qui ouvrait la voie à cette finale. Ironie du sort, Veljko Paunovic débutera son mandat de sélectionneur contre le même adversaire, sur la même pelouse de Wembley. « Cette victoire a eu d’énormes répercussions », se souvient Paunovic, qui se rappelle les récits de son père sur la puissance et l’arrogance (dans le bon sens du terme) de cette équipe anglaise.

La défaite 5 à 0 infligée par l’Angleterre à la Serbie à Belgrade en septembre dernier souligne l’ampleur de la tâche qui attend Paunovic. Troisième de son groupe de qualification pour la Coupe du Monde 2026, la Serbie est au bord de l’élimination et doit impérativement gagner ses deux prochains matchs – contre l’Angleterre et la Lettonie – pour espérer se qualifier, soit directement, soit via des barrages. Les enjeux de ces qualifications européennes sont considérables.

L’arrivée de Paunovic intervient après un limogeage surprenant du Real Oviedo, qu’il avait pourtant mené à la promotion en première division espagnole après 25 ans d’attente. Son parcours à Oviedo, marqué par une mission de 10 matchs pour atteindre les séries éliminatoires, puis quatre matchs supplémentaires pour y parvenir, témoigne de sa capacité à relever des défis de taille. Il avait été contacté par les dirigeants de la fédération serbe alors qu’il se trouvait encore à Madrid, quelques jours après sa défaite contre l’Albanie.

Paunovic insiste sur l’importance de l’héritage familial et des valeurs inculquées par son père, des « codes horizontaux et verticaux » qui ont façonné sa vision du football. Il évoque également l’impact des guerres des Balkans sur le football yougoslave, avec l’exclusion de la sélection nationale de l’Euro 1992, une exclusion qu’il considère comme une injustice. « Le football doit encore, dans ce cas, à la Serbie, en tant qu’héritier de la Yougoslavie », affirme-t-il.

Il se souvient de la génération dorée des années 1990, dont Dejan Stankovic, Sasa Ilic et Mateja Kezman, qui ont dû quitter le pays pour poursuivre leur carrière. « Nous sommes tous partis pour la même raison, mais sur des chemins différents », explique-t-il, regrettant de ne pas avoir pu pleinement s’épanouir dans le système serbe. Son expérience à l’étranger, notamment en Espagne, aux États-Unis, en Russie et en Allemagne, lui a permis d’acquérir une vision globale du football et de développer ses compétences d’entraîneur.

« Dès ma naissance, j’ai eu un modèle à la maison », confie Paunovic. « C’était comme si mon chemin était tracé et, en route, nous parlions toujours de football. » Il a passé 16 ans de sa carrière de joueur à l’étranger, avant de se lancer dans le métier d’entraîneur, où il a notamment mené l’équipe de Serbie des moins de 20 ans à un titre mondial épique en 2015. Il a ensuite entraîné des clubs aux États-Unis, en Angleterre, au Mexique et au Mexique, avant de revenir en Europe avec Oviedo.

Paunovic est conscient de l’urgence de la situation et de la nécessité de redonner confiance à ses joueurs. Il compte s’appuyer sur son expérience et ses valeurs pour les motiver et les préparer à affronter l’Angleterre à Wembley. « Rares sont ceux qui ont la chance dans la vie d’assister à un match à Wembley ; d’autres ont la chance d’en jouer un », dit-il. « Dans les tribunes, ils ne peuvent rien changer mais les gens sur le terrain peuvent faire écho, laisser un héritage. »

Veljko Paunovic lors de son mandat à la tête de Reading en 2022.
Veljko Paunovic lors de son mandat à la tête de Reading en 2022. Photographie : Steven Paston/PA

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