Après une année 2025 difficile, le marché du travail autrichien affiche des signes contrastés : si le chômage continue d’augmenter, un léger regain de l’emploi laisse espérer une stabilisation à venir.
Fin décembre 2025, 434 572 personnes étaient inscrites au chômage ou participaient à des mesures de formation proposées par l’AMS (Service public de l’emploi autrichien), selon les chiffres du ministère du Travail et des Affaires sociales. Cette situation représente une augmentation de 2,0 %, soit 8 560 personnes de plus qu’en décembre 2024. Le taux de chômage s’établit ainsi à 8,4 %, en hausse de 0,2 point de pourcentage sur un an.
Johannes Kopf, président de l’AMS, a qualifié 2025 d’« année difficile pour le marché du travail autrichien ». En moyenne, le nombre de chômeurs a augmenté de 20 660 personnes par rapport à 2024, soit une progression de 5,5 %. Cependant, les données les plus récentes suggèrent un ralentissement de cette hausse, conjugué à une légère reprise de l’emploi. Le ministère estime que le nombre de personnes en emploi a augmenté d’environ 4 000 sur l’ensemble de l’année.
La ministre du Travail et des Affaires sociales, Korinna Schumann, observe des signes d’un ralentissement progressif qui pourraient se confirmer en 2026. Elle s’appuie sur les prévisions de l’Institut autrichien de recherche économique (WIFO), qui anticipent une baisse du chômage d’environ 4 000 personnes et une création d’environ 27 000 emplois salariés.
L’évolution du marché du travail varie considérablement selon les groupes démographiques et les secteurs d’activité. Un signal positif est à noter concernant le chômage des jeunes, qui n’a pas continué à augmenter. De même, la situation s’améliore légèrement en Haute-Autriche, province qui avait connu la plus forte augmentation du chômage. L’AMS explique cette détente par des chiffres plus favorables dans le secteur de la construction et une stabilisation dans certains secteurs industriels.
Chez les hommes, le chômage, en incluant les participants aux formations, a même diminué de 0,3 %. En revanche, le secteur du commerce de détail et du commerce reste en difficulté, ce qui contribue à la hausse du chômage féminin. En effet, le chômage des femmes a augmenté de 6,6 % par rapport à l’année précédente (5,3 % en incluant les participantes à la formation AMS).
Le chômage de longue durée suscite également des inquiétudes. 102 491 personnes sont inscrites à l’AMS depuis au moins un an, soit une augmentation de 12,8 % par rapport à décembre 2024. Les travailleurs âgés, plus de 50 ans, sont particulièrement touchés : leur taux de chômage a augmenté de 4,4 % sur un an, une tendance surveillée de près par les autorités, car ces demandeurs d’emploi rencontrent souvent des difficultés à retrouver un emploi.
Parallèlement, le nombre d’offres d’emploi a considérablement diminué. L’AMS a recensé 67 647 postes vacants immédiatement disponibles, soit une baisse de 16,2 % par rapport à l’année précédente. Cette diminution témoigne d’une demande plus faible et d’une moindre volonté d’embauche, notamment dans l’industrie. Même si l’emploi continue de progresser légèrement, la diminution des offres d’emploi indique que la concurrence pour les postes reste forte.
À ce stade, les chiffres de décembre 2025 révèlent un marché du travail toujours sous tension, mais qui pourrait être proche d’un point d’inflexion. Le ralentissement de la croissance du chômage et les modestes gains d’emploi incitent à un optimisme prudent. L’évolution vers une reprise durable dépendra des conditions économiques générales en 2026, notamment de la demande industrielle, des dépenses de consommation et de l’efficacité des mesures mises en place pour soutenir les travailleurs âgés, les femmes et les chômeurs de longue durée.
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