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Ce qui a fait grimper le prix de l’or en 2025

Publié le 2025-12-28 19:36:00. L'or a atteint des sommets historiques cette année, porté par les incertitudes géopolitiques et une forte demande des banques centrales. Les experts prévoient une poursuite de cette tendance haussière en 2026, malgré une possible…

Ce qui a fait grimper le prix de l’or en 2025

Publié le 2025-12-28 19:36:00. L’or a atteint des sommets historiques cette année, porté par les incertitudes géopolitiques et une forte demande des banques centrales. Les experts prévoient une poursuite de cette tendance haussière en 2026, malgré une possible stabilisation des taux d’intérêt.

  • Le prix de l’or a culminé à 4 356,50 dollars américains (3 719,78 euros) l’once troy (environ 31 grammes) le 20 octobre.
  • Les banques centrales, notamment en Chine, en Turquie et en Pologne, ont massivement augmenté leurs achats d’or.
  • La demande d’or dans la joaillerie est en légère baisse, les consommateurs se tournant vers des métaux alternatifs comme le platine.

L’année 2025 a été marquée par une envolée du prix de l’or, une tendance alimentée par un contexte international complexe. Les tensions géopolitiques, la faiblesse du dollar américain et les perspectives économiques incertaines ont incité les investisseurs à se réfugier dans ce métal précieux, traditionnellement considéré comme une valeur refuge.

Selon York Tetzlaff, président de l’association industrielle Fachvereinigung Edelmetalle, à Pforzheim, plusieurs facteurs clés expliquent cette dynamique.

« L’or a connu une grande stabilité en termes de pouvoir d’achat au fil des siècles – quels que soient les systèmes politiques, les monnaies ou les crises économiques. »

York Tetzlaff, président de l’association industrielle Fachvereinigung Edelmetalle

Il souligne également le rôle crucial des banques centrales et des investisseurs, dont la demande a été exceptionnellement forte. La demande de bijoux, bien que toujours présente, a eu un effet modérateur en raison des prix élevés.

Les risques géopolitiques et commerciaux, tels que les guerres et les tarifs douaniers, ont un impact à court terme significatif sur le prix de l’or. L’inflation, quant à elle, exerce une influence plus durable. L’or a toujours conservé sa valeur à travers les époques, comme l’illustre cette comparaison historique : une once d’or permettait d’acquérir une toge à l’époque romaine, une robe noble au Moyen Âge, et aujourd’hui, un costume sur mesure de haute qualité.

Cette année, les banques centrales ont particulièrement dynamisé le marché. La demande est devenue un élément central, surtout depuis la pandémie de Covid-19. La Pologne s’est distinguée en doublant ses réserves d’or depuis 2023 et en devenant le plus grand acheteur mondial avec près de 90 tonnes acquises en 2024. L’Allemagne, les États-Unis et l’Italie, déjà détenteurs d’importantes réserves, ont également maintenu leurs achats.

Une analyse de la Banque centrale européenne (BCE) révèle que les banques centrales représenteront plus de 20 % de la demande mondiale d’or en 2024, contre environ 10 % dans les années 2010. Ce comportement des banques centrales est perçu comme un signal fort pour le marché, selon M. Tetzlaff :

« Cela tire le marché. »

York Tetzlaff, président de l’association industrielle Fachvereinigung Edelmetalle

Outre les banques centrales, le secteur de l’investissement a joué un rôle majeur, notamment grâce à l’augmentation des investissements dans les ETF (fonds négociés en bourse) et l’achat de lingots et de pièces. La demande en provenance d’Asie a également contribué à cette hausse.

Le secteur de la joaillerie connaît des mutations. En raison des prix élevés de l’or, les consommateurs se tournent vers des alternatives, notamment le platine, pour les alliances et autres bijoux. L’Association fédérale de la bijouterie, de l’horlogerie, de l’argenterie et des industries connexes (BVSU) de Pforzheim confirme cette tendance.

La production minière d’or est restée relativement stable cette année, avec une augmentation de seulement 2 % au troisième trimestre par rapport à l’année précédente. Les coûts d’investissement élevés freinent les nouvelles initiatives. Il faut en effet 15 à 20 ans entre la découverte d’un gisement et la production effective, en raison des délais liés à l’exploration, aux approbations, à la construction et à la mise en service.

De plus, les entreprises minières intègrent de plus en plus des critères de durabilité dans leurs décisions d’investissement, examinant attentivement les chaînes d’approvisionnement, les exigences environnementales et sociales, ainsi que les règles de sécurité concernant les déchets miniers.

Le recyclage de l’or prend une importance croissante. En Allemagne, près de 100 % de l’or fin provient du recyclage du vieil or et des déchets électroniques. Les raffineries qui traitent l’or recyclé ont bénéficié de la hausse des prix. Le secteur du recyclage est en plein essor.

Pour 2026, l’industrie s’attend à une stabilisation, voire à une légère hausse des prix. La baisse des attentes en matière de taux d’intérêt, les incertitudes géopolitiques persistantes et la forte demande des banques centrales constituent des facteurs favorables. Le Conseil mondial de l’or estime que des gains modérés à forts sont possibles en cas de ralentissement économique. À l’inverse, une politique économique favorable à la croissance et une réduction des risques géopolitiques pourraient entraîner une baisse des prix de l’or.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.