Publié le 30 novembre 2025 à 17h24. Des chercheurs ont découvert que le gigantesque vortex de déchets du Pacifique Nord, le « Great Pacific Garbage Patch », est devenu un habitat inattendu pour une multitude d’espèces marines, modifiant profondément les écosystèmes océaniques.
Au cœur du Pacifique, dans le tourbillon de courants entre la Californie et Hawaï, le « Great Pacific Garbage Patch » continue de s’étendre. Cette immense accumulation de déchets plastiques, estimée à des dizaines de milliers de tonnes, n’est plus seulement une catastrophe écologique, mais aussi un nouveau type d’écosystème, selon une étude récente.
Une équipe de scientifiques a analysé plus de 100 objets en plastique récupérés dans cette zone, allant des bouteilles aux filets de pêche, en passant par des seaux et des bouées. L’analyse a révélé une diversité insoupçonnée de vie marine s’étant installée sur ces déchets flottants. Balanes, crabes, amphipodes, bryozoaires, polypes hydroïdes et anémones de mer cohabitent désormais sur ces îles artificielles.
Au total, 46 espèces d’invertébrés différentes, appartenant à six grands groupes d’animaux, ont été identifiées. Une proportion surprenante de 80 % de ces espèces provient habituellement des habitats côtiers. Ce phénomène a conduit les chercheurs à définir cette communauté comme « néopélagique », un terme combinant « néo » (nouveau) et « pélagique » (relatif à la haute mer).
Jusqu’à présent, on considérait les eaux côtières et la haute mer comme des environnements distincts. Les espèces côtières étaient censées rester près des rochers et des rivages, tandis que les espèces pélagiques évoluaient en pleine mer. Or, le « Great Pacific Garbage Patch » brouille ces frontières, permettant à des organismes côtiers de survivre et de se reproduire en haute mer.
L’étude a révélé des preuves de reproduction et de croissance sur les déchets plastiques. Les chercheurs ont observé des femelles portant des œufs ou des petits, ainsi que des structures reproductrices chez les hydroïdes. Ils ont également constaté la présence de juvéniles, d’individus de taille moyenne et d’adultes de certaines espèces, vivant ensemble sur la même surface plastique, suggérant que les nouvelles générations grandissent directement sur ces îles artificielles.
Cette prolifération de la vie sur le plastique n’est pas sans conséquences. La pollution plastique modifie les habitats marins et offre aux organismes côtiers la possibilité de se propager sur de longues distances. L’étude complète a été publiée dans la revue Écologie de la nature et évolution.
Des organisations comme « The Ocean Cleanup » s’efforcent de limiter l’impact de ces déchets, récupérant régulièrement des quantités importantes de plastique dans le « Great Pacific Garbage Patch ». En 2021, le projet a notamment récupéré plus de 100 000 kilogrammes de plastique grâce à ses immenses filets.
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