Des podologues alertent ce 31 mai 2026 sur les risques liés aux chaussures d’été populaires, comme les tongs et les talons hauts. Entre tendinites du fascia plantaire et troubles circulatoires, le choix des semelles et le maintien musculaire s’avèrent cruciaux pour éviter des blessures parfois graves lors des fortes chaleurs.
Le piège des tongs et la tendinite du fascia plantaire
L’arrivée des beaux jours marque souvent un changement brutal de chaussure. Pour beaucoup, cela signifie délaisser des modèles fermés et structurés pour des tongs ultra-plates. Ce basculement, bien que confortable en apparence, peut s’avérer risqué pour l’appareil locomoteur. Selon Julie Grolleau, podologue, ce manque de transition peut provoquer des pathologies récurrentes.

Julie Grolleau, podologue
Le problème réside dans l’absence de soutien. Le passage soudain d’une chaussure stable à une semelle fine et sans maintien expose le pied à un stress mécanique important. Pour certains profils, l’impact est immédiat.
Julie Grolleau, podologue
Cette situation souligne une réalité physiologique : le pied ne peut pas s’adapter instantanément à une absence totale de structure sans risque de blessure.
L’importance du muscle et du soutien orthopédique
Tous les pieds ne réagissent pas de la même manière. La capacité à supporter des chaussures légères dépend largement de la condition physique du pied. Un pied musclé, sans pathologie posturale comme un pied plat ou trop creux, tolérera mieux les tongs. Pour y parvenir, la podologue recommande d’alterner les types de chaussures tout au long de l’année et de pratiquer des exercices de renforcement des muscles intrinsèques du pied et d’étirements des mollets.

En cas de fatigue en fin de journée, une solution simple consiste à masser le fascia plantaire à l’aide d’une balle de tennis.
Pour limiter les risques, le choix de la semelle est déterminant. Les modèles ultra-plats sont à éviter. L’idéal est de viser un talon situé entre 1 et 3,5 cm, avec un amorti suffisant. Les sandales compensées sont d’ailleurs recommandées pour leur stabilité.
Certaines marques, comme Birkenstock ou Scholl, sont plébiscitées par les spécialistes car elles intègrent des éléments orthopédiques essentiels :
- Une cuvette talonnière pour stabiliser le talon.
- Un soutien de la voûte plantaire.
- Une légère BRC (élément orthopédique pour l’avant-pied).
Cet équilibre structurel réduit significativement les risques de blessure par rapport à une sandale plate classique, même si une période d’adaptation à ces semelles reste nécessaire.
Talons hauts et circulation : le risque des jambes lourdes
Si les tongs posent un problème de structure, les talons hauts attaquent la circulation sanguine. Pour les personnes souffrant de jambes lourdes ou de mollets gonflés, le port de talons excessifs devient un véritable obstacle à la santé veineuse.
L’analyse du Dr Ferrigno-Taddeo révèle que chaque pas effectué avec des talons trop hauts exerce une pression sur les veines de la jambe, ce qui nuit à l’action de la pompe plantaire. Ce mécanisme est essentiel pour le retour veineux, surtout en période de forte chaleur où les pieds ont tendance à gonfler.
Le spécialiste identifie d’autres modèles à bannir pour optimiser la circulation :
- Les bouts pointus : ils compriment les orteils et limitent le confort.
- Les brides autour de la cheville : en enserrant le pied, elles ralentissent le flux sanguin.
- Les matières rigides : le cuir verni, notamment, ne s’étire pas et peut accentuer le gonflement des pieds.
Pour allier style et santé, les alternatives suggérées incluent les mules à petit talon, les baskets légères en mesh (respirantes et amortissantes) et les sandales ergonomiques qui épousent la voûte plantaire.
Freiner l’évolution de l’hallux valgus
L’été est également une période critique pour ceux qui souffrent d’hallux valgus, cette déformation progressive du gros orteil souvent appelée “oignon”. Bien que le port de chaussures inadaptées ne soit pas la cause principale de cette pathologie arthrosique, il peut en favoriser l’évolution.

Selon Fabien Beuzon, podologue et membre de l’Union Française pour la Santé du Pied (UFSP), il est possible de freiner la déformation et de limiter la douleur grâce à des mesures précises.
L’expert préconise d’éviter les talons trop hauts, les modèles trop serrés, les chaussures avec des coutures sur les bords (comme certains mocassins) et, encore une fois, le cuir verni pour sa rigidité.
Pour gérer l’inflammation et la déformation, trois solutions thérapeutiques sont mises en avant :
- Exercices ciblés : effectuer des flexions dorsales et plantaires du gros orteil pendant 20 à 30 secondes chaque soir.
- Contentions nocturnes : utiliser un appareillage avec serrage velcro pour réaxer l’orteil durant le sommeil.
- Semelles orthopédiques : apporter un soutien pour réduire les pressions exercées sur l’articulation.
La gestion de la santé du pied en été ne se résume donc pas à une question d’esthétique, mais à un équilibre entre soutien structurel, liberté de circulation sanguine et entretien musculaire. Le passage aux chaussures d’été doit être progressif et réfléchi pour éviter que les vacances ne se terminent chez un spécialiste en septembre.
