Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

Auchan cède 72 supermarchés à Intermarché, 17 sans repreneur

Auchan cède 72 de ses supermarchés au groupement des Mousquetaires (Intermarché, Netto) ce 2 juin 2026, après avoir initialement proposé 91 sites. Si l'opération vise à recentrer le groupe sur ses hypermarchés, 17 magasins restent sans repreneur, plongeant…

Le montage A+Super et la surveillance du régulateur

Auchan cède 72 de ses supermarchés au groupement des Mousquetaires (Intermarché, Netto) ce 2 juin 2026, après avoir initialement proposé 91 sites. Si l’opération vise à recentrer le groupe sur ses hypermarchés, 17 magasins restent sans repreneur, plongeant près de 1 000 salariés dans l’incertitude quant à leur avenir professionnel.

Le retrait stratégique d’Auchan du segment des supermarchés s’accélère, mais le bilan est contrasté. Selon les informations rapportées par Le Figaro, le groupe de la famille Mulliez a confirmé que 72 établissements seront repris par les adhérents du groupement des Mousquetaires. Cette manœuvre s’inscrit dans une volonté globale de transformation du parc français pour contrer la concurrence des groupements indépendants et l’érosion de l’attractivité des hypermarchés.

L’opération ne se limite pas à une simple vente. Deux supermarchés, situés à Tourcoing dans le Nord et au Chesnay-Rocquencourt dans les Yvelines, resteront finalement sous le contrôle d’Auchan Retail France. Ce choix porte à 13 le nombre total de supermarchés que le groupe décide de conserver dans son périmètre direct.

Le montage A+Super et la surveillance du régulateur

Pour orchestrer cette transition, Auchan a mis en place une structure juridique spécifique. Le groupe indique que 164 supermarchés intégreraient une nouvelle entité autonome nommée A+Super. Cette société, détenue par Auchan Retail France, serait exploitée en franchise sous les enseignes Intermarché ou Netto.

Le montage A+Super et la surveillance du régulateur
cluster (priority): Olivier Dauvers

Ce projet d’envergure ne passe pas inaperçu auprès des autorités. L’Autorité de la concurrence a annoncé lundi qu’elle examinait le projet de création d’une entreprise commune entre Auchan et le groupement Mousquetaires pour l’exploitation de 167 magasins en France. L’enjeu pour le cinquième distributeur du pays est de stabiliser ses parts de marché face à des concurrents comme E. Leclerc, Carrefour ou Coopérative U, tout en allégeant une structure jugée trop lourde.

Le poids mort de l’héritage Casino

Le point noir de cette transaction réside dans les 17 magasins que les Mousquetaires ont refusé de reprendre. L’analyse d’ Olivier Dauvers révèle que ces sites sont presque tous issus du parc Casino, dont la reprise semble avoir généré un poids mort considérable pour Auchan. Treize de ces 17 unités sont situées dans la moitié sud du pays.

294 supermarchés Auchan racheté par Intermarché

Les chiffres témoignent de performances jugées catastrophiques. En 2025, malgré le changement d’enseigne, ces magasins affichaient un chiffre d’affaires inférieur à 3 300 €/m2. Seuls les sites de Forcalquier (6 400 €/m2) et de Crest (5 700 €/m2) parviennent à tirer la moyenne vers le haut, laissant le reste du groupe dans une situation financière critique.

L’angoisse sociale et la menace sur 1 000 emplois

Pour les salariés, l’heure est à l’inquiétude. Si Auchan assure que les 17 magasins non repris restent pour l’instant exploités par l’entreprise et que les collaborateurs conservent leur contrat, l’avenir semble fragile. BFM TV souligne que cette situation fragilise près de 1 000 postes.

L'angoisse sociale et la menace sur 1 000 emplois
cluster (priority): BFM

« On a peur de la fermeture de ces sites s’il n’y a pas de repreneur. Ça correspond à près de 1.000 emplois »

Mouhsine Amrani, délégué syndical central CGT d’Auchan

Le syndicat CGT affirme que les Mousquetaires ont décliné ces sites car ils « sont dans le rouge ». De son côté, la CFDT a dénoncé via un tract une situation marquée par une « incertitude totale ».

Face à ce constat, la direction d’Auchan reste prudente, affirmant que ces 17 supermarchés feront l’objet d’un « nouveau projet » qui sera défini site par site, en fonction de l’environnement local, et partagé avec les instances représentatives du personnel. Pour l’heure, le sort de ces magasins, dont l’avenir « reste à inventer », demeure le principal point de tension de ce vaste plan de restructuration.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.