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DEET : Étude suggère que le répulsif attire les moustiques

by Thomas Caron
L'apprentissage par conditionnement du DEET

Une étude publiée le 28 mai dans le Journal of Experimental Biology suggère que le DEET, un répulsif corporel mondialement utilisé, pourrait paradoxalement attirer les moustiques. Des chercheurs ont découvert que ces insectes peuvent apprendre à associer la présence de cette substance à une opportunité de se nourrir, modifiant ainsi leur réaction habituelle.

L’apprentissage par conditionnement du DEET

Le paradigme de la protection contre les insectes est en train de vaciller. Jusqu’à présent, la communauté scientifique considérait que l’efficacité des répulsifs reposait exclusivement sur des propriétés chimiques visant à rendre l’humain toxique ou indétectable pour les insectes. Or, des travaux récents mettent en lumière une capacité d’adaptation comportementale chez les moustiques qui remet en question l’usage systématique du DEET.

L'apprentissage par conditionnement du DEET
cluster (priority): geocountries.com

Selon les informations rapportées par courrierinternational.com, l’équipe de recherche a observé un phénomène similaire au conditionnement pavlovien chez les chiens. À force d’expérience, les moustiques pourraient apprendre que la présence de DEET est un indicateur fiable de la proximité d’un repas imminent.

L'apprentissage par conditionnement du DEET
cluster (priority): britannica.com

“On a longtemps pensé que les répulsifs devaient leur pouvoir d’action uniquement à leurs propriétés chimiques, qui les rendaient toxiques ou désagréables pour les moustiques (ce qui les éloignait), ou qui empêchaient ces derniers de détecter les humains […] Mais il ressort de nos résultats qu’à force d’expérience la réaction des insectes pourrait changer.

Cette étude, menée en laboratoire sur l’espèce Aedes aegypti, démontre que la réaction de l’insecte n’est pas une réponse chimique immuable, mais un comportement qui peut évoluer par l’apprentissage. Ce changement de paradigme suggère que l’efficacité des répulsifs traditionnels pourrait diminuer avec le temps et la répétition des expositions.

Les facteurs biologiques de la cible

Pour comprendre pourquoi les répulsifs pourraient échouer, il est essentiel de décrypter les signaux que les moustiques utilisent pour traquer leurs proies. Ces insectes possèdent des antennes agissant comme des capteurs extrêmement sensibles, capables de détecter des indices biologiques à distance.

Le principal moteur de cette attraction est le dioxyde de carbone (CO2) issu de la respiration humaine. Comme l’explique protecthome.fr, un moustique peut repérer une émanation de CO2 à près de 50 mètres. Cette capacité de détection explique pourquoi certains profils sont plus vulnérables que d’autres :

Alternatives naturelles au répulsif anti-moustique DEET
  • Les sportifs, dont la respiration est plus intense.
  • Les femmes enceintes, qui rejettent une quantité plus importante de CO2.
  • Les personnes en surpoids ou ayant consommé de l’alcool, en raison d’une hausse du rythme cardiaque et de la chaleur corporelle.

Au-delà du CO2, les moustiques sont attirés par l’humidité et les substances chimiques présentes dans la sueur, telles que l’acide lactique, l’ammoniac et certains acides gras. La chaleur corporelle et les odeurs créées par les bactéries cutanées jouent également un rôle crucial dans la localisation de la proie.

Fait notable, les recherches indiquent que les moustiques possèdent une forme de mémoire liée au danger. Des expérimentations ont montré que si une odeur humaine est associée à une vibration (comme lors d’un contact physique brusque), l’insecte peut apprendre à éviter cette source odorante.

Alternatives naturelles et précautions d’usage

Face aux limites potentielles des solutions chimiques, de nombreuses alternatives naturelles sont mises en avant pour éloigner les nuisibles, notamment le moustique tigre qui gagne du terrain. L’utilisation de plantes et d’huiles essentielles constitue une stratégie de complément, bien qu’elle ne doive pas être l’unique barrière de protection.

Alternatives naturelles et précautions d'usage
cluster (priority): sereni-d.com

Selon les conseils de sereni-d.com, certaines variétés végétales diffusent des odeurs que les insectes supportent mal. Voici les options les plus couramment citées :

  • La citronnelle : l’un des répulsifs naturels les plus connus.
  • Le géranium citronnelle (*Pelargonium citronellum*) : une plante décorative efficace pour les terrasses.
  • La lavande et la menthe : des plantes aromatiques dont le parfum déplaît aux insectes.

L’usage des huiles essentielles est également une méthode efficace, à condition de respecter des règles de précaution strictes. L’huile essentielle d’eucalyptus citronné est notamment considérée comme l’une des plus performantes pour éloigner les moustiques.

Huile essentielle Propriétés recherchées
Citronnelle Parfum citronné agissant comme répulsif naturel.
Lavande vraie Repousse les insectes tout en laissant une odeur agréable.
Eucalyptus citronné Considérée comme l’une des plus efficaces en spray.
Géranium rosat Possède des propriétés répulsives intéressantes.

La découverte de ce possible conditionnement au DEET souligne l’importance de diversifier nos méthodes de protection. La science suggère que la lutte contre les moustiques ne peut reposer sur une solution unique, mais nécessite une approche combinant répulsifs, gestion de l’environnement et compréhension de la biologie de l’insecte.

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